Festival Absolute Gospel : 3 questions pour Sabine Kouli : « J’ai toujours privilégié la liberté du pauvre »

Le 5 juin s’ouvre la 11ème édition du festival Absolute Gospel à Lyon. Un événement annuel qui a réussi à s’inscrire dans le temps, orchestré par Sabine Kouli, une figue du gospel en France. Rencontre d’une femme libre.

 

Après 11 éditions consécutives, comment arrivez-vous à vous renouveler chaque année ?
Au niveau artistique ce n’est pas l’offre qui manque. Je dois voir comment organiser toutes mes envies, en prenant en compte avec la réalité économique du contexte culturel. Cette année est différente, j’ai eu envie de me faire plaisir en créant une édition spéciale avec beaucoup d’innovation et d’originalités. Seront présents artistes locaux, des musiciens de Rhône-Alpes, et non des artistes venant du monde entier, perçus lors des précédentes éditions. J’ai aussi décidé de diminuer le temps du festival, en passant de 10 à 2 jours, due à la fatigue, et à l’envie de réaliser un festival intense, remplis d’énergies durant ces soirées. Des soirées riches en Jazz, Soul et Gospel, de manière très mélodieuse, avec un hommage à Donny Hathaway qui avait fait un album extraordinaire en 1973. J’ai aussi décidé de suivre les répertoires de Grégory Porter, un artiste qui chante de la soul avec une patte gospel. Nous avons cette année un vaste mélange avec des orchestrations classiques.

 

Le gospel est un art lointain, propre à la culture afro-américaine. Est-ce difficile d’importer ce registre en France sans faire de prosélytisme religieux ?
C’est sûr, le gospel est peu connu en France. Certains connaissent légèrement par le biais de films tels que « Sister Act » mais c’est une culture peu exposée dans notre pays. L’intérêt du festival est de faire découvrir la richesse de composition accompagnée par la spiritualité des chants. L’objectif est de faire découvrir au grand public ce registre inédit. Je suis amoureuse des voix et la force de celles retrouvées dans le gospel est unique. Nous ne cherchons pas à susciter l’adhésion d’un public, nous voulons simplement transmettre et partager un moment avec des personnes qui s’intéressent au gospel, sans les pousser à en écouter chaque jour. Lorsque l’on écoute du « Rap Gansta » et que les paroles disent « il faut violer telle femme » ou « il faut casser du policier », on ne va pas pour autant obéir à ce genre de paroles osées.

 

Vous ne touchez aucune subvention avec ce festival, comment arrivez-vous à vivre ?
C’est un choix que je ne regretterai jamais. Depuis ma naissance j’ai toujours prôné pour une liberté totale, et j’ai toujours privilégié la liberté du pauvre. Le but est de trouver un schéma économique très réduit, tout en restant de qualité mais aussi viable. Tous les outils que j’utilise en termes de communication de production pour le festival sont  calibrés pour que le projet reste réalisable, même sans aides. Je vais très bien sans ses subventions, j’ai plus de travail, que j’effectue avec plaisir, c’est ça la liberté. Je ne vis pas du festival, malgré ma grande implication dans cette passion.

 

Festival Absolute Gospel au Radiant-Bellevue à Caluire le 5 et 6 juin à 20H30. Tarif plein 22 euros, réduit 19€
http://radiant-bellevue.fr/

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