Joan Baez aux Nuits de Fourvière

Éclatante de santé et d’enthousiasme, Joan Baez poursuit une carrière exemplaire depuis cinquante-six ans maintenant. Femme engagée, amoureuse des mots, elle interprète des chansons françaises à chacune de ses venues dans notre pays, entre deux reprises de Bob Dylan ou Imagine de John Lennon : Parachutiste, de Maxime Le Forestier, et Le Déserteur de Boris Vian. Il y a trois ans, Joan Baez a presque dû renoncer à toute activité musicale. « On m’avait prévenue qu’il y aurait une date limite », dit-elle. Un professeur de chant lui avait assuré que sa voix lui dirait quand il serait temps de s’arrêter, et ce moment semblait arrivé. Une nouvelle thérapeute lui a permis de retrouver le plaisir de chanter et la joie d’atteindre les notes aiguës. Mais Joan Baez a déjà préparé sa reconversion. C’est désormais dans son atelier de peinture qu’elle passe le plus clair de son temps. Elle a même commencé à vendre ses toiles — des portraits des membres de sa famille ou d’anonymes — sur son site Internet. En attendant une éventuelle exposition.

Au début des années 1960, forte de sa notoriété, elle contribuera à faire connaître le jeune Bob Dylan à son public, en interprétant plusieurs de ses morceaux et en chantant à ses côtés, notamment lors de la marche sur Washington de 1963, en plein combat pour les droits civiques. Joan Baez s’en est prise à Ronald Reagan à Woodstock et a été une des plus virulentes opposantes à la guerre du Vietnam. Ce qui lui a valu l’ire de l’establishment et l’interdiction de donner des concerts dans plusieurs pays d’Amérique du Sud (Chili, Argentine et Brésil) jusqu’en 1981.

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