Week-end à Buda­pest à moins de 400€

Bains chauds le jour, bars bran­chés la nuit, Buda­pest offre autant de plai­sirs diurnes que nocturnes. Air France vient d’ou­vrir un vol direct et pas cher pour la capi­tale de l’Eu­rope centrale. L’oc­ca­sion de profi­ter d’une ville au charme unique, à cheval entre vestiges de l’Eu­rope de l’Est et monde occi­den­tal. Bon voyage.

Aller à Buda­pest

Arrê­tez de penser, comme André Rieu, que c’est à Vienne que passe Le Beau Danube bleu au son des valses suran­nées. Même François Feld­man a fini par reve­nir des valses de Vien­ne… Si vous voulez vrai­ment profi­ter des largesses d’un fleuve majes­tueux, c’est à “Buda” et à “Pest”, de chaque côté des rives de la capi­tale de la Hongrie, qu’il faut vous envo­ler. ça tombe bien, Air France vient d’ou­vrir une ligne directe pour celle qu’on appelle “la perle du Danube”. En vous y prenant à l’avance, vous pour­rez obte­nir sans problème un vol aller-retour pour 160 ¤, ce qui reste très raison­nable pour rejoindre (en 2 heures) les fastes de l’an­cien empire austro-hongrois.
Vol : 160 € aller-retour par personne ligne directe d’Air France (3 vols par semaine).
Total à 2 : 320 €.

Où dormir à Buda­pest ?

Trou­ver un pied-à-terre ne sera plus qu’une forma­li­té, sur les sites Venere ou Eboo­kers d’offres, dans le centre, à moins de 50 ¤ la nuit pour deux. Une aubaine. Les plus fortu­nés pour­ront carré­ment pous­ser jusqu’au Four Seasons, hôtel grand luxe entiè­re­ment déco­ré en art déco d’é­poque, au bord du Danube, avec une vue impre­nable sur la colline de Pest. Hôtel : 50 € pour deux.
Grand Luxe : Hôtel Four Seasons. Szé­che­nyi István tér 5–6, 1051 Buda­pest. Tél. 00 36 1 268 60 00. On oublie le prix !
Total : 370 €.

Plai­sirs de l’œil et de la bouche

Vous êtes parés. Le métro, en service depuis 1896 créé juste après celui de Londres, et le tram, circu­lant 24 h/24 le week-end, vous permet­tront de profi­ter de la ville non- stop. Un bus amphi­bie navigue même sur le Danube si vous rêvez de vous prendre pour James Bond ! La vieille ville se trouve du côté de Pest, avec la très belle église Saint-Matthias et le Turul, l’aigle géant, sur les hauteurs de la ville, qui selon la légende indique au peuple où aller. Idéal pour commen­cer, le circuit sur les hauteurs de Pest vous permet­tra de goû­ter aux spé­cia­li­tés locales de la pâtis­se­rie Gerbeaud. Au menu : limo­nade maison aux trois parfums et surtout le Dobos, gâteau aux noisettes avec cara­mel et beau­coup de crème. Le régime à la douce peut commen­cer. Vous pour­rez redes­cendre par le funi­cu­laire ou à pied, avant de retrou­ver au pied de la colline de Gellert l’autre grande coutume locale : les bains. À Buda­pest, on y mange (bien), on y boit (beau- coup), mais surtout on s’y baigne tous les jours.
Pâtis­se­rie Gerbeaud : Vörös­marty tér 7–8, 1051 Buda­pest. Comp­ter 4 ¤ par personne pour un goû­ter complet.
Total : 378 €.

Bains de jour aux Thermes

Pas ques­tion de nager. Le bain est un café du commerce local, un endroit où l’on se retrouve entre géné­ra­tions pour discu­ter ou finir la jour­née. On ne nage pas comme ces vulgaires occi­den­taux, on trempe. Et on cause. Avec une eau de source entre 28 et 34° aux vertus thé­ra­peu­tiques certi­fiées par des siècles d’usa­gers, vous n’irez peut-être pas jusqu’à pous­ser la trem­pette à l’air libre, mais vous connaî­trez assu­ré­ment le bonheur du réchauf­fe­ment aqua­tique en plein hiver. Les plus frileux pour­ront prolon­ger au sauna. Au pied de la colline de Pest, ce sont les très chics bains Gellert qui vous attendent. Comp­tez quand même une quin­zaine d’eu­ros. Certains soirs de décembre, vous pour­rez même assis­ter au Ciné Trip, projec­tions de cinéma se dérou­lant entiè­re­ment dans les bains au son d’une tech­no­pa­rade. Il n’y a pas plus bran­ché, même à Berlin. Pour des bains quoti­diens et moins oné­reux (envi­ron 5 €), les thermes Szé­che­nyi restent les plus convi­viaux et les plus acces­sibles, telle­ment immenses que vous êtes sûrs d’être tranquilles. Vous pour­rez du coup traver­ser l’autre grand plai­sir de Buda­pest : les ponts sur le Danube, à commen­cer par le pont de la Liber­té et son tram­way jaune.
• Thermes Szé­che­nyi : comp­ter 5 € par personne. Állat­kerti körút 9–11, 1146 Buda­pest.
• Bains Gellert : 15 €. Döbren­tei tér 9, 1013 Buda­pest.
Total : 378 + 10 = 388 €.

Bars de nuit

Finies les dépenses. Manger à Buda­pest ne vous revien­dra pas plus cher qu’à Lyon, sans comp­ter les bois­sons qui ne dépassent pas les 500 forints (2 euros maxi), même (très) forte­ment alcoo­li­sées. Le paprika peut-être mangé à toutes les sauces, du porc au ragoût de poulet en passant par… le saucis­son ! Et en plus du goulache pour tenir chaud en hiver (sorte de pot-au-feu local), vous pour­rez vous caler la panse avec un camem­bert pané à la confi­ture de myrtille ! Mais après le souper, Buda­pest est surtout une ville à la vie nocturne insoupçon­née, avec des bars impro­bables où siro­ter bière et vins jusqu’au bout de la nuit. Le premier d’entre eux, c’est le Szim­pla, qui porte bien son nom. Gigan­tesque appar­te­ment désaf­fec­té que des Hongrois ont choisi de conver­tir en bar plutôt que de le lais­ser à l’aban­don, il est fait de mobi­lier récu­pé­ré et de multiples pièces sur plusieurs étages autour d’une cour centrale, où tout le monde se retrouve autour d’un verre. C’est sans doute l’en­droit le plus sympa de la ville. Encore plus inso­lite, vous pour­rez grim­per sur le toit de l’hy­per­mar­ché Corvin par un monte-charge (!) pour boire un verre, emmi­tou­flé dans votre écharpe mais avec un point de vue impre­nable sur la ville. La montée au milieu de couloirs aussi pein­tur­lu­rés qu’un sex shop des années 70 pourra vous lais­ser inquiet, mais à l’ar­ri­vée, l’am­biance est on ne peut plus déten­due.
• Szim­pla Kert. Kazinczy utca 14.
• Corvin Teto. Blaha Lujza tér 1.
Comp­tez 2 € la bois­son, même le cock­tail. Comp­tez 10 ¤ pour deux en forçant sur le goulot.
Total : 398 €

A l’Est, de l’an­cien. A l’Ouest, du nouveau

Il ne vous reste plus qu’à cuver en flâ­nant au milieu de l’ar­chi­tec­ture bigar­rée de la ville. Syna­gogue géante, néo- gothique, art déco, Buda­pest est le produit d’in­fluences diverses, même si la quasi-tota­li­té des bâti­ments datent de la fin du XIXe siècle, juste après l’uni­fi­ca­tion de la ville en 1873. Pour connaître les tré­sors de la ville, un détour au Musée des beaux-arts s’im­pose avec ses Goya, Vélasquez ou Le Greco, et surtout au Parle­ment, palais somp­tueux aux plafonds dorés jamais surchar­gés avec un fumoir exquis où les porte-cigares sont déli­ca­te­ment posés devant les vitraux des fenêtres. Dans les rues, vous croi­se­rez sûre­ment d’an­ciennes Trabant de la grande époque de la Mitte­leu­ropa, Buda­pest ayant le triste privi­lège d’avoir connu aussi bien le nazisme que le commu­nisme. Son atmos­phère hors d’âge à la croi­sée de cultures anti­no­miques, s’en ressent, la ville ne ressem­blant à aucune autre capi­tale euro­péenne, ni vrai­ment de l’Est, ni vrai­ment de l’Ouest. Après un détour par l’Opéra d’é­poque où Sissi a encore sa loge côté cour, même si elle ne peut plus y venir, termi­nez par un tour au marché des halles. En plus des fromages et saucis­sons à foison, vous pour­rez ache­ter gants et maroqui­ne­rie de quali­té à des prix défiant toute concur­rence. Après de bons bains chauds, il n’y a pas mieux pour passer l’hi­ver.

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