Il était une fois la chapelle de Four­vière

Vous ne le saviez peut-être pas, mais avant d’avoir une basi­lique en forme de pièce montée digne d’un dessin animé de Disney, la colline de Four­vière était surplom­bée par une chapelle, immor­ta­li­sée par le peintre Fleury Richard, telle qu’elle a subsis­tée jusqu’au milieu du XIXe siècle. Avant d’être détruite au moment de la Commune, la jolie chapelle avait déjà souf­fert le martyr. La reli­gion catho­lique n’est pas de tout repos… Érigée au XIIe siècle, dédiée à Thomas Beckett, évêque martyr, elle avait déjà été spoliée par le bour­geois lyon­nais en 1269, puis dévas­tée par les protes­tants en pleine guerre de reli­gions en 1562. Recons­truite au XVIIe siècle, une statue de la Vierge y est trans­fé­rée. Elle devient déjà un édifice dédiée à la Vierge, en plus d’être le premier lieu de mariages de la ville. Vendue comme bien natio­nal en 1796, elle rede­vient un haut lieu du catho­li­cisme lyon­nais au XIXe siècle. Les projets de recons­truc­tion pour lui donner davan­tage de gran­deur vont alors riva­li­ser. Pierre Bossan finira par l’em­por­ter après la Commune et construit la basi­lique actuelle de 1872 à 1884. Quelques-uns regret­te­ront pour­tant la finesse de l’an­cien édifice et parti­cu­liè­re­ment son clocher carac­té­ris­tique, comme par exemple le dessi­na­teur Paul Saint-Olive, cité par Patrice Béghain dans son dernier livre : « La manie de l’in­no­va­tion, appuyée sur le prétexte de l’em­bel­lis­se­ment, menace d’ef­fa­cer tous les souve­nirs. Mais je retrouve dans les cartables des artistes de notre ville le vieux clocher de Four­vière, la compa­rai­son avec ce qui existe aujourd’­hui est tout à son avan­tage. » Nostal­gie, quand tu nous tiens.

 
La Perte et la Mémoire. Vanda­lisme, senti­ment et conscience du patri­moine à Lyon

De Patrice Béghain et Michel Kneubüh­ler. (Fage éditions, 38 €).

 

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