France(s) Territoire Liquide

Si l’on observe un certain individualisme dans le monde artistique, le projet France(s) Territoire Liquide s’impose comme une belle exception. Pas moins de quarante-trois photographes, souvent jeunes, se sont autoproposé de photographier le territoire français, dans le sillage des grandes missions photographiques de la Datar au début des années 1980 ou de la Farm Security Administration aux ÉtatsUnis entre 1935 et 1942. Pour ces photographes, le territoire est « liquide », car leurs approches hétérogènes multiplient les points de vue, et les frontières entre art, fiction et document n’y ont plus cours. Paradoxalement, des travaux aux antipodes plastiques les uns des autres peuvent se rejoindre sur d’autres plans. Thibault Brunet, par exemple, prélève de Google Earth des modélisations de bâtiments pour les replacer dans des lieux vides, peu à peu rongés par une sorte de brouillard monochrome. François Deladerrière quant à lui photographie des lieux abandonnés et des terrains vagues avec davantage de réalisme et de jeux de couleurs. Ces deux artistes, apparemment très éloignés, partagent un même et vif intérêt pour les interstices, l’entre-deux des lieux comme l’entre-deux de l’image elle-même. Un intérêt récurrent aussi parmi la vingtaine de photographes du collectif qui seront exposés dans différents espaces lyonnais au mois de mai.

 

France(s) Territoire Liquide

À partir du 12 mai dans plusieurs lieux d’exposition à Lyon (Le Réverbère, Regard Sud, L’Abat-Jour, MAPRA, Archipel, Bibliothèque du 1erarrondis sement…).

www.francesterritoireliquide.fr

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