Expo­si­tion A vos pieds : Espa­drilles et bottes de cuir

Le stock du musée des Confluences réserve encore quelques belles surprises. On en a ainsi exhumé de beaux spéci­mens de souliers. Avec des prêts du musée inter­na­tio­nal de la chaus­sure de Romans-sur-Isère, cela donne une expo­si­tion qui montre la chaus­sure comme un objet témoin de l’his­toire de l’Homme.

 

« Dis-moi quelle chaus­sure tu porte, et je te dirai qui tu es.  » Il semble qu’il y ait beau­coup à apprendre des habi­tudes vesti­men­taires de nos ancêtres et cousins. Leurs chaus­sures, notam­ment, parlent bien plus que n’im­porte quel docu­ment histo­rique. C’est le parti pris adopté par cette expo­si­tion qui propose au visi­teur de navi­guer entre une centaine de balle­rines, mocas­sins, sandales et autres babouches minu­tieu­se­ment restau­rées. Chaque paire est mise en scène en étant regrou­pée par théma­tiques. On découvre notam­ment les diffé­rentes manières d’abor­der l’édu­ca­tion en fonc­tion de la façon dont sont chaus­sés les enfants. Instru­ment de contrainte ou objet de pouvoir, le soulier se dévoile dans toutes ses dimen­sions. Certaines paires parti­cu­liè­re­ment remarquables, comme les sandales en or d’un roi afri­cain, sont misent en valeur indi­vi­duel­le­ment. Pour admi­rer ces dernières sous toutes les coutures, on peut s’as­seoir sur des fauteuils, ce qui déclenche  la rota­tion des pièces en ques­tion, et la diffu­sion d’un récit fictif dont la rédac­tion a été confiée à Jacques Jouet, écri­vain membre de l’Ou­lipo.

 

Podo­ma­ton

Mais l’ex­po­si­tion ne se résume pas à un simple inven­taire des manières de se chaus­ser. Le visi­teur est ainsi invité à se saisir des problé­ma­tiques qui y sont abor­dées grâce à un dispo­si­tif colla­bo­ra­tif : le Podo­ma­ton. Avoir ses vieilles baskets ou ses Berluti toutes neuves éclai­rées d’une lumière crue et affi­chées en grand sur le mur, cela force à adop­ter un autre regard sur la manière qu’on a de se chaus­ser. Le musée a égale­ment fait appel à l’ar­tiste cata­lan Xavier G-Solís pour sa portée poli­tique. « Inspiré par la façon dont la place de la Répu­blique en avait été recou­verte  », suite à l’an­nu­la­tion de la marche pour le climat en novembre 2015, il a produit une série de tirages qui repré­sentent le résul­tat de ses tenta­tives de « figer l’âme des chaus­sures  » en en dévoi­lant l’em­preinte inté­rieure grâce à des moulages de plâtre.

 

 

 

AGENDA

Expo­si­tion À vos pieds.

Au musée des Confluences, Lyon 2e, jusqu’au 30 avril 2017.

9€, gratuit pour les mineurs et les étudiants.

musee­des­con­fluences.fr

 

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