Fêtez la Gay Pride au Trou

Ici, pas de chichi et pas de faux semblant. On sait très bien pourquoi on vient dans cette institution lyonnaise et ce n’est pas pour la poularde demi-deuil.

 

Quand le cortège de la marche des fiertés aura fini sa boucle de 4 km dans les rues de Lyon, des milliers d’homosexuels échaudés se mettront à la recherche d’un point de chute pour faire vivre l’esprit du moment. Pour certains, cela se résume à refaire le monde autour d’un demi. D’autres célèbrent l’amour gay de façon un peu plus hardcore. On ne parle pas ici de ces boîtes de nuit bruyantes, enfers pour épileptiques d’où il est impossible de ressortir sans être couvert de paillettes. Au Trou, la musique est douce, l’atmosphère est moite et la lumière tamisée invite à l’abandon des normes sociales les plus élémentaires. Au bar, pas d’alcool, mais des boissons chaudes et des pilules revigorantes. Il s’agit de tenir dans la durée, car la nuit peut être longue. Selon les jours, différents thèmes sont imposés. L’« ambiance vestiaire » suppose un léger investissement et Dieu sait que les vêtements techniques peuvent coûter cher. Les mardis « à poil », par contre, sont accessibles au plus grand nombre. Le samedi de la Gay Pride, aucun thème particulier n’est prévu. On devrait donc voir arriver une foule diverse aux intentions multiples et variées. Dans le dédale de couloirs sombres, on tombe sur différentes salles aux ambiances des plus singulières. Banquettes moelleuses, grandes douches ou drôles de balançoires en cuir, l’endroit dont chaque cloison semble être percée de trous à différentes hauteurs est propice aux activités les plus extravagantes. Dans un coin, une cage munie d’un tabouret en son centre attire l’œil, mais on ne saura pas quel genre d’animal elle est censée contenir. Le personnel reste discret sur la clientèle, mais les quelques têtes croisées par-ci, par-là témoignent de la diversité ethnique et générationnelle qui la caractérise. Par contre, l’entrée du club est réservée aux hommes, un parti pris auquel il faudra songer au moment de venir, pour ne pas laisser des copines à l’entrée.

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