Dernier train pour Busan : World war XXL

Ne cherchez pas, ce n’est pas dans le cinéma français qu’on trouverait un film de genre mettant en scène toutes les peurs actuelles liées à l’état d’urgence. Prenez un réalisateur coréen qui vient de l’animation mais qui connaît les recettes de zombies sur le bout des doigts (son précédent dessin animé, Seoul station (2016, inédit en France, en parlait déjà). Jetez-le dans un train à grande vitesse bientôt contaminé par des passagers un peu trop mordus par un mystérieux virus. Secouez le mélo à fond (la petite fille qui doit retrouver sa maman avec son père divorcé), de l’action à gogo qui ménage son lot de bonnes idées pour combattre les zombies wagon par wagon, et vous obtenez le meilleur blockbuster de l’été, sorte de World War Z asiatique surpassant largement la formule hollywoodienne qu’il applique à la lettre. A cette différence près que si les zombies étaient portion congrue dans le film américain sans doute pour ne pas trop effrayer les gazelles fans de Brad Pitt, ici vous aurez de quoi vous pourléchez les babines dans des scènes de morts vivants multiples, jusqu’à quelques plans larges absolument hallucinants. Mais si Busan est un film de genre qui file droit, il connaît son Romero par cœur et n’oublie pas de dénoncer ni le capitalisme corrompu d’état, ni surtout l’égoïsme sécuritaire et les plus bas instincts du peuple, avec un vrai méchant que méchant, dans une séquence glaçante de cruauté humaine, trop humaine. Le film que devrait voir obligatoirement nos hommes politiques avant de parler sécurité. Mais là, on rêve…

 

 

Dernier train pour Busan de Sang-ho Yeon (Cor, 1h58) avec Yoo Gong, Dong-seok Ma…

Autres suggestions de sorties