Pourquoi on a détesté “Divines”, caméra d’or à Cannes

Cumuler cyniquement les pires clichés sur les banlieues, magnifier le crime et l’argent facile comme seul vecteur d’émancipation féminine, flatter le consumérisme bling-bling de son public-cible avant de lui faire la morale dans un retournement final grotesque et tartuffe au possible… Voilà la recette gagnante de cet atroce Divines, qui a cette année raflé la Caméra d’or à Cannes, prix censé récompenser le meilleur premier film des diverses sélections. Divines a peut-être « du clito », expression tirée du film et scandée par la réalisatrice lors de son discours de remerciement, devant un parterre de festivaliers bien comme il faut et apparemment ravis de s’encanailler. En revanche on cherchera en vain la moindre qualité cinématographique à ce faux film féministe qui se veut provoc’ mais confond hystérie et énergie, affiche sa grande liberté mais se révèle cul-bénit et puritain. Montrer sans retenue le fric, les marques, les caisses, mais les corps et le sexe, jamais ! Ou a minima, dans une imagerie clipesque qui illustre une histoire d’amour niaise sur fond de danse contemporaine, mauvais copié-collé des teen movies MTV. La fin aux larmes de crocodile, sommet de putasserie démagogique où la justice divine punit les trafiquants en déclenchant des incendies, achève de désespérer sur la trop grande absence de belles propositions de cinéma sur les banlieues, qui méritent d’autres regards, d’autres récits et de vrais personnages, plutôt que ce misérabilisme chic et toc. Lamentable.

 

Divines, de Houda Benyamina (France, 1h45) avec Oulaya Amamra, Déborah Lukumuena, Jisca Kalvanda, Kevin Mischel… Sortie le 31 août.

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