Le Fils de Jean : secrets et mensonges

Le fils de Jean n’a qu’un seul défaut : un peu trop ressembler à Je vais bien, ne t’en fais pas, notamment dans les fausses pistes conduisant à son secret de famille. Mathieu part au Canada pour découvrir les autres frères du père qu’il n’a jamais connu et qui vient de mourir. Décidément, Philippe Lioret a souvent un problème avec la figure paternelle dans ses films, objet de tous les secrets et mensonges. Il reste un des rares cinéastes à aborder l’intimité tout en s’adressant au plus grand nombre, développant un cinéma à la fois personnel et populaire, sorte de “films du milieu” devenus de plus en plus rares dans un fossé qui se creuse de plus en plus en plus entre cinéma d’auteur et grosses machines calibrées. Il adapte ici avec soin le roman de Jean-Paul Dubois donnant un sentiment d’immersion avec ses personnages, malgré quelques fausses pistes un peu hésitantes (Pierre-Yves Cardinal, découvert chez Dolan, une nouvelle fois dans le rôle du bel énervé). Lioret a surtout la chance d’avoir avec lui le visage le plus passionnant du cinéma français actuel : Pierre Deladonchamps, Césarisé pour L’Inconnu du lac, mélange rare d’un regard qui convoque l’enfance, d’une voix de thé et de traits marqués qui véhiculent toutes les failles des son personnage. Un beau film, simple et touchant.

 

Le Fils de Jean de Philippe Lioret. Sorti le 31 août 2016.

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