Miss Peregrine : l’île aux grands enfants

On annonce parfois de Miss Peregrine comme le grand retour de Tim Burton. Calmons-nous. D’abord parce que Big Eyes, le précédent, n’était pas si mal. Ensuite parce que si l’on retrouve tous les thèmes chers à Tim Burton dans cette adaptation du best-seller de Ransom Riggs, le cinéma de Tim Burton s’est malgré tout industrialisé entretemps. Certes, Miss Peregrine est son premier film en dehors des studios Disney depuis longtemps. Certes, on retrouve souvent ce qu’on aime chez Burton : l’appétit pour les monstres au cœur blessé donnant lieu à un imaginaire sentimental inédit, la phobie du monde réel ou la tendresse pour les marginaux, ici retirés sur une île. Certes, on adore Eva Green et pour ces trois raisons ce nouvel opus mérite le détour comme un bon divertissement du samedi soir. Mais malheureusement le cinéma de Tim Burton est trop passé à la moulinette des studios hollywoodiens, accumulant des effets spéciaux redondants dans une 3D inutile et une musique double couche omniprésente. S’en suit de gros problèmes de rythme, ce joli conte se heurtant à une machinerie répétitive assez lassante et assez laide. Si le cinéma de Tim Burton reste fidèle à son univers et à son humour noir souvent réjouissant, il souffre aujourd’hui d’un problème esthétique, se moulant dans l’indifférence visuelle de n’importe quelle superproduction. Ça n’empêche pas de passer une soirée sous les sortilèges d’Eva Green, mais ça limite considérablement sa poésie.

 

Miss Peregrine et les enfants particuliers de Tim Burton (EU, 2h07) avec Eva Green, Asa Butterfield, Samuel L. Jackson, Judi Dench, Rupert Everett…

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