L’Odyssée : grand bleu, bonnet rouge

Un biopic à l’américaine, c’est possible, même en France. Mais avec l’accent français, même quand Lambert Wilson parle anglais, so charming… Ce beau divertissement est dû à un réalisateur souvent sous-estimé (Zulu, Anthony Zimmer), au savoir-faire indéniable : Jérôme Salle Il utilise ici superbement un format Scope élargi grâce au numérique (2.66 pour les puristes), offrant un sentiment d’immersion pour les images sous-marines, comme une splendeur visuelle pour les paysages extérieurs, magnifiée par la musique d’Alexandre Desplat. On voyage avec plaisir dans un livre d’images au bon sens du mot, butant contre ce personnage-mystère qu’était Cousteau, à la fois aventurier courageux dans sa déraison et homme de contrôle jusqu’à son bonnet rouge, “télégénique”. Construit sur plus de 30 ans autour de l’opposition avec son fils Philippe (Niney, impeccable), le film n’épargne pas le Commandant, montrant toutes ses contradictions comme le ralliement tardif à la cause écologique de ce “vieux con mégalo”. Lambert Wilson, vieilli, a le courage d’endosser ce héros un peu raide, aussi peu aimable que Cloclo pour citer un autre biopic. Mais c’est Audrey Tautou qui retrouve sa gouaille et toute son épaisseur dramatique en femme lucide vissée à sa Calypso comme à un rêve conjugal à la dérive, supportant les frasques de son mari. Du bon cinéma populaire.

 

L’Odyssée (Fr, 2h02) de Jérôme Salle avec Lambert Wilson, Pierre Niney, Audrey Tautou, Laurent Lucas, Benjamin Lavernhe, Henri Heneine…

Autres suggestions de sorties