Moi, Daniel Blake : la loi du marché

Moi, Daniel Blake, je ne supporterai plus les répondeurs téléphoniques trop longs… Moi, Daniel Blake, je vous montrerai comment réparer une chasse d’eau. Moi, Daniel Blake, je réparerai aussi votre compteur électrique. Moi, Daniel Blake, j’apprendrai à me servir d’une souris même si je ne supporte pas les ordinateurs. Moi, Daniel Blake, je n’aime pas la contrefaçon qui tue des milliers d’emplois, même quand c’est mon voisin noir sympathique qui la pratique, même s’il oublie souvent de descendre ses poubelles. Mais moi, Daniel Blake, ce que je ne supporte vraiment pas, c’est répondre aux questionnaires, surtout quand on ne me laisse pas le choix des questions…

 

Rendez-nous les Dardenne !

 

Après “Moi, Président”, Ken Loach invente le personnage “Moi, je”. Heureusement, avec son scénariste Paul Laverty, ils ont quand même eu l’idée d’inventer un personnage secondaire pour pouvoir parler des problèmes de serviettes hygiéniques (sic) et de la prostitution. On a eu chaud : on aurait bien été embêté de voir Daniel Blake dans cette galère, il en a déjà assez comme ça… Classicisme du misérabilisme dans chaque scène, Loach fait de ses personnages des pantins qui souffrent, mais sans le moindre libre arbitre, otages d’un seul et même discours manichéen d’un bout à l’autre du film. Daniel Blake au cinéma, c’est Ken Loach le premier qui le condamne. Sur l’horreur bureaucratique, économique ou sociale… (rayez les mentions inutiles) –  contre laquelle tout le monde est d’accord, surtout France inter et Télérama qui sont partenaires de cette Palme d’or de la bonne conscience – mieux vaut voir un film des Dardenne : eux permettent à leurs personnages de se battre et de se confronter aux autres, même quand ils sont dans la difficulté.

 

Moi, Daniel Blake de Ken Loach (GB, 1h40) avec Dane Johns, Natalie Ann Jamieson, Micky McGregor, Brian Shawn, Hayley Squires…

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