Sage-femme, film d’actrices

Une sage-femme célibataire dont la vie a toujours été entièrement dévouée aux autres voit surgir dans sa vie l’ancienne maîtresse de son père, frivole et fantasque. Atteinte d’une tumeur cancéreuse, cette Parisienne de-la-haute, aujourd’hui sans le sou, va se faire héberger dans le petit appartement de l’infirmière à Mantes-la-Jolie. Monde parisien des plaisirs et de la nuit contre vraie vie en banlieue où l’on redécouvre la “vraie vie”, nous sommes bien dans un film français… Heureusement, à partir d’un pitch aussi manichéen, Martin Provost ne s’appesantit jamais, choisissant de rester sur le ton – relatif – de la comédie. Dommage qu’il ne soit pas cinéaste : image cracra, caméra en plans désespérément moyens incapables de mettre en valeur ses actrices, le film est sauvé par les Rolls que sont les deux grandes Catherine. À partir d’un rôle de parisienne des plus caricatural, la Deneuve déploie une fantaisie contagieuse, bousculant le petit monde trop sage de l’infirmière jusqu’à chanter sur du Reggiani. La Frot, impressionnante dans des scènes d’accouchement au réalisme cru au début du film, finira par s’ouvrir et s’embellir au contact de son voisin routier énamouré (Olivier Gourmet, parfait). Elle est sans doute l’actrice française la plus touchante d’aujourd’hui. Bref, un beau film d’acteurs qui vous fait oublier le cancer pour cultiver son jardin à Mantes-la-Jolie. Qui est contre ?

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