Hallu­ci­na­tions Collec­tives

 

L’EVENEMENT DU MOIS

Les hallu­ci­na­tions collec­tives ont 10 ans !

 

Le plus barré des festi­vals de cinéma de la région lyon­naise, célèbre ce mois-ci 10 ans de passion et de curio­sité. Entre­tien avec Cyril Despon­tin qui depuis Paris, où il dirige le Festi­val du film fantas­tique, conti­nue de chou­chou­ter « les Hallus » avec l’équipe de l’as­so­cia­tion ZoneBis. Une édition anni­ver­saire en forme de bilan festif ! Entre­tien long drink.

 

Les Hallu­ci­na­tions collec­tives sont un festi­val à la program­ma­tion inclas­sable. Comment le défi­ni­riez-vous pour quelqu’un qui n’y a jamais mis les pieds?

Cyril Despon­tin : « Avec l’équipe on a pris l’ha­bi­tude de le décrire comme le festi­val de « l’autre cinéma ». On met en avant des films qui prennent des chemins de traverse, singu­liers, parfois radi­caux dans le propos, mais pas forcé­ment dans la forme. Ce ne sont pas tous des films trash ! Cette année est idéale pour le décou­vrir, avec « La chambre des merveilles », une rétros­pec­tive de 10 films qui résument l’es­prit du festi­val.

 

On a tendance à le réduire au seul cinéma fantas­tique…

Oui, alors que l’on passe aussi des westerns (cette année Le Grand silence de Sergio Corbucci), des polars, des docu­men­taires, du cinéma d’au­teur très pointu. Des films de tous les hori­zons et de tous les pays. La diver­sité est essen­tielle, même au sein de l’équipe, qui programme collec­ti­ve­ment. Par exemple cette année on passe un Robbe-Grillet que person­nel­le­ment je déteste, mais que d’autres adorent !

 

Les spec­ta­teurs sont venus de plus en plus nombreux au fil des années. Comment s’im­pose un tel festi­val dans une ville comme Lyon, et parmi les autres mani­fes­ta­tions de cinéma ?

Fina­le­ment en ne cher­chant pas à plaire. On n’a jamais été tenté de faire plus simple, d’al­ler vers la faci­lité. On a toujours programmé libre­ment, en comp­tant sur l’ex­pé­rience collec­tive de vivre un film ensemble. D’où le nom du festi­val. L’es­sen­tiel est d’éveiller la curio­sité des spec­ta­teurs. Ils ne sont pas obli­gés d’ai­mer, mais s’ils sortent en se disant qu’ils n’ont jamais vu un film comme ça, et qu’ils n’au­raient pas pu le voir ailleurs, alors on se dit que la program­ma­tion est bonne.

 

Vos temps forts person­nels pour cette édition anni­ver­saire ?

On va propo­ser des films très rares, ou pas vu depuis long­temps, comme la copie restau­rée d’Opera de Dario Argento ou La Longue nuit de l’Exor­cisme de Lucio Fulci. Égale­ment un film tchèque éton­nant de 1969 : Le Marteau des sorcières. Mais aussi Epide­mic, l’un des tous premiers Lars von Trier, ou Hitcher, thril­ler génial des années 80, avec un Rutger Hauer incroyable. Mais le grand moment de cette édition sera la Soirée des 10 ans, sorte de zapping géant avec des clips, des courts-métrages, des extraits de films, et qui s’achè­vera par un gros film en première mondia­le… mais c’est une surprise !

Et il y aura bien sûr de nombreuses avant-premières, comme le film d’ou­ver­ture, Get Out, petite produc­tion indé améri­caine qui a tout explosé et que personne n’avait vu venir.

 

EXIT fête son cinquan­tième numéro. Quel regard portez vous sur la vie cultu­relle lyon­naise de ces dernières années ?

Côté poli­tique, je regrette que la ville se concentre surtout sur quelques gros événe­ments annuels. Pour ce qui est du public, c’est vrai que les Lyon­nais sont un peu casa­niers. Je le sais car j’y ai habité pendant trente ans, et j’étais pareil ! À Paris le problème c’est plutôt la surabon­dance de choix… Par contre les Lyon­nais sont plus authen­tiques, on est moins dans la gaudriole. Quand ils se bougent pour aller dans un festi­val, c’est vrai­ment que ça les inté­resse, et pour voir les films. Pas parce que ce serait « the place to be ». C’est leur côté sérieux ! »

 

Propos recueillis par Alban Liebl

 

 

Les Hallu­ci­na­tions collec­tives

Du mercredi 11 au mardi 17 avril au Comoe­dia

www.hallu­ci­na­tions-collec­tives.com

 

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