L’expo du mois – Bêtes Humaines

 

Après l’avoir exposé par petites touches dans ses expo­si­tions collec­tives Varia, la gale­rie Descours livre une expo mono­gra­phique pour redé­cou­vrir Pierre de Maria, peintre machi­nal et passion­nant du XXe siècle.

 

Issu d’une famille bour­geoise établie à P aris, Pierre de Maria (1896–1984) a dix-huit ans quand éclate la guerre : « Je me suis engagé en 1914 par goût du spec­tacle rare. Celui-ci fut long et atroce, mais j’ai appris l’amour des paysages calci­nés, des monstres de fer et d’acier crachant du feu », dira-t-il dans un entre­tien
en 1980. La guerre, donc, ainsi que sa forma­tion aux Arts et Métiers et un père travaillant dans l’in­dus­trie optique, lieront dura­ble­ment l’ar­tiste à l’uni­vers des machines. Des machines effrayantes qui glis­se­ront peu à peu vers l’hu­mour, et s’en­tre­mê­le­ront aussi à des formes anthro­po­morphes ou anima­les…

 

On peut voir dans ses tableaux une influence des surréa­listes, mais si Pierre de Maria fréquenta effec­ti­ve­ment Marcel Duchamp et quelques autres, il resta cepen­dant à la péri­phé­rie du mouve­ment. D’ailleurs, son oeuvre n’est recon­nue et ne prend toute son ampleur qu’as­sez tardi­ve­ment, dans les années 1950 où, après une autre guerre encore, l’ar­tiste donne nais­sance à son bestiaire méca­nique. « Je souhaite seule­ment que l’on cesse de consi­dé­rer tout chan­ge­ment comme un progrès et qu’elles [ses pein­tures] donnent un avant-goût de la sauce à laquelle nous serons mangés », décla­rera-t-il à propos de ses toiles… Drôles, lubriques ou mons­trueuses, ses « machines » sont présen­tées à la Gale­rie Descours dans le cadre d’une expo­si­tion mono­gra­phique.
Pierre De Maria – Figu­ra­tif de l’ima­gi­naire
Du 7 avril au 17 juin à la gale­rie Michel Descours,
44 rue Auguste-Comte, Lyon 2e.
04 72 56 75 97.
pein­tures-descours.fr
Entrée libre du lundi
au samedi de 9 h 30
à 12 h et de 14 h 30 à 19 h.

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