Alexandre Hollan

 

Exposé à Beaubourg ou au Moma à New York, le peintre hongrois Alexandre Hollan débarque sur les pentes de la Croix-Rousse grâce à la galerie Pome Turbil. Avec une peinture sensible des plus accessibles. Et en plus, c’est gratuit !

 

Les traits et les couleurs des oeuvres d’Alexandre Hollan (né en 1933 en Hongrie) vibrent sous notre regard. L’aura un peu floue de ses natures mortes (ou « vies silencieuses », comme il préfère les appeler, à l’instar d’un Truphémus), ou de ses arbres, déborde de leurs limites habituelles et semble nous inviter à nous y perdre, à nous y oublier… Fort des leçons artistiques d’un Cézanne ou d’un Rothko, et de l’héritage philosophique de la phénoménologie, l’artiste rompt avec la séparation classique entre le sujet et l’objet, entre l’oeil qui regarde et la chose qui est vue. Il propose au contraire un espace de partage sensible, un entre-deux où les frontières du monde se délitent et les sensations se libèrent… « C’est à la jonction du désir de voir et de la chose observée, dans cet entre-deux favorisé par un nécessaire oubli de soi et du monde, que surgit soudain un au-delà du visible. Qui n’est autre que le vivant qui respire : une sorte de pneuma passant par le corps et en qui se confond plein et vide, dedans et dehors… », écrit Florian Rodari dans une monographie récente consacrée à Hollan.

 

Depuis 1983, Alexandre Hollan dessine ou peint deux sortes de motifs récurrents : des arbres, lors de ses séjours d’été dans les Cévennes, des natures mortes (composées de vieux récipients et de pommes) dans son atelier parisien. Flirtant avec l’abstraction, les frondaisons deviennent, chez lui, des masses d’ombres,
les compotiers des plans de couleurs vibrantes, les fruits des intensités lumineuses… Rarement, les choses ne nous auront été si proches, semblant appartenir à une même chair du monde partageable.

 

Alexandre Hollan
Jusqu’au 12 mai à la Galerie Pome Turbil,
48 rue Burdeau, Lyon 1er.
Entrée libre
galerie-pome-turbil.fr

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