Retrospective : Claudia Cardinale

 

Huit et demi : La Grande Belleza

 

L’Institut Lumière consacre une grande rétrospective à la plus française des italiennes, Claudia Cardinale. A côté de chefs-d’oeuvre comme Le Guépard ou Il était une fois dans l’Ouest, truste Huit et demi de Fellini, dans lequel elle apparaît comme un rêve. Un des plus grands films de l’histoire du cinéma, à ne rater sous aucun prétexte.

 

C’est le chef-d’œuvre absolu de Fellini, moins amer et plus lumineux que la Dolce Vita. En attendant les souvenirs d’enfance en Technicolor d’Amarcord qu’il tournera dix ans plus tard, le cinéaste italien signe une autobiographie d’un cinéaste adulte en pleine crise de création. « Je voulais faire un film honnête, sans tricherie, simple » dit Marcello, son alter ego dans le film. « Au lieu de ça je me retrouve en pleine confusion à ne rien pouvoir enterrer des mensonges. Le bonheur consiste à dire la vérité sans que personne dut en souffrir. Pourquoi ça n’a pas marché ? Pourquoi toute cette tristesse ? » ajoute-t-il. Mais là où La Dolce Vita se concluait sur une amertume, comme le note son biographe Tullio Kezich, Huit et demi conjure les doutes de son personnage par une « tonifiante explosion de génie ». Prince de l’architecture au cinéma, Fellini y invente un art poétique à l’inspiration visuelle époustouflante que le noir et blanc rend paradoxalement encore plus moderne aujourd’hui. Huit et demi déborde de tendresse et de luminosité, se terminant sur un petit enfant qui joue du pipeau en hommage au cirque et au music-hall qui ont traversé toute l’œuvre du cinéaste.

 

C’est sans doute le film le plus optimiste du cinéaste. C’est aussi et surtout un conte philosophique sur la quête du bonheur, l’utilité de créer encore, l’amour des femmes ou les frontières poreuses de le folie, s’ouvrant sur une des scènes surréalistes les plus belles jamais tournées. Récit onirique d’une renaissance amoureuse et artistique, c’est sans doute le film le plus blanc de l’histoire du cinéma, irradiant de candeur. Avec en prime l’apparition de Claudia Cardinale en femme éternelle, ce qu’elle n’a jamais cessé d’être.

 

Huit et demi de Federico Fellini (It, 1963, 2h18)
avec Marcello Mastroianni, Claudia Cardinale, Anouk Aimée, Sandra Milo…
Du mercredi 10 au dimanche 14 mai.

 

Rétrospective Claudia Cardinale à l’Institut Lumière jusqu’au 25 juin.

Toute la programmation sur :  institut-lumière.org

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