Assises internationales du roman, 11e édition

Pour leur 11e édition, les Assises internationales du roman fêtent la langue dans tous ses états. Dans ce qu’elle peut nommer, accueillir, inventer… Et c’est justement le pouvoir de la langue à faire ressusciter le passé qu’invoque Gaël Faye dans son premier roman, Petit Pays.
 
Petit pays, c’est un bout de terre de 26 000 km2, coincé entre la République démocratique du Congo, la Tanzanie et le Rwanda. Mais pour Gaby, 11 ans, c’est d’abord l’impasse où il vit avec sa famille, l’école et sa bande de copains qu’il retrouve tous les jours. Petit Pays, c’est le roman du slameur Gaël Faye, succès public et critique de la dernière rentrée littéraire, lauréat du Goncourt des lycéens. Au jeune narrateur, l’auteur a prêté ses origines, mi-françaises mi-rwandaises, et sa patrie, le Burundi. Le roman est surtout prétexte à replonger dans les saveurs de l’enfance perdue : chiper les mangues à l’aide de longues perches dans le jardin des voisins, passer des après-midi entiers avec les copains dans un vieux combi Volkswagen, fumer ses premières cigarettes en cachette, frimer sur son nouveau vélo, regarder le grand soleil d’Afrique se coucher.
 
Roman d’apprentissage
 
Et puis un jour, la guerre des adultes s’immisce dans les jeux d’enfants. Les violences qui meurtrissent le voisin rwandais secouent le Burundi. À hauteur d’enfant, Gaby déchiffre le monde autour de lui et comprend que rien ne sera plus jamais comme avant. S’il n’est presque jamais confronté directement à la guerre, l’atmosphère se fait pesante et le petit garçon comprend qu’il doit grandir. Cette deuxième partie se fait attendre, mais l’auteur parvient à recréer l’ambiance de ces quelques mois de 1993 avec justesse, distillant les bribes d’une histoire peu connue des Européens. Dommage que par moment, le regard d’enfant du narrateur se veuille trop porteur d’une sagesse naïve, instillant alors le pathos que le livre réussit pourtant à éviter lors d’autres passages.
 
AGENDA
Assises internationales du roman
Jusqu’au dimanche 4 juin.
 
Rencontre Quand le passé revient, avec Gaël Faye et Maxim Léo, vendredi 2 juin de 21h à 22h30. De 0 à 6€.
Les Subsistances, Lyon 1er.

Vous pouvez encore y aller