Santini, loser charis­ma­tique

On croit en lui depuis le début. Avec ses lunettes à la Grou­cho Marx et son humour de loser à la Woody Allen, il a surtout apporté de ce côté-ci de l’At­lan­tique la grande tradi­tion améri­caine de l’hu­mour juif haut de gamme. Un exploit pour un Corse meuglant à chaque but de Bastia au foot­ball, ce qui survient rela­ti­ve­ment rare­ment… Tota­le­ment barré sous des airs très doux, il est capable de saillies burlesques comme de traits d’es­prit dignes de l’ob­ser­va­tion la plus fine. Il peut se payer la tête du petit milieu du grand théâtre public en jouant les Cyrano, ou lire avec esprit un véri­table article sur la fella­tion dans le couple bourré de sous-enten­dus et de clin d’oeil. Comé­dien faus­se­ment gauche jouant de son corps de grand écha­las, il étend son person­nage de loser sur la scène comme un miroir défor­mant de nos misères et égoïsmes. Plus fron­deur que ne le laisse voir sa convi­via­lité sur scène, il joue à l’ar­tiste raté, mais en fait c’est une vraie tête raide qui fait la nique à un milieu souvent très formaté. C’est notre frère manqué à tous, qu’on aime d’au­tant plus qu’il a soif de musique roman­tique (Bruno Mars, Elton John), ou la variété la plus popu­laire pour faire croire à lui tout seul à un grand show à l’amé­ri­caine. Il a commencé son nouveau métier il y a deux ans à peine. Il est déjà le plus drôle, noncha­lant et clas­sieux. Il ne ressemble à personne, et vous fera rire dès que vous verrez sa tronche de loser charis­ma­tique. Il repré­sente à lui tout seul ce qu’il y a de plus promet­teur sur les scènes lyon­naises.

 

Julien Santini s’amuse à la Comé­die Odéon, Lyon 5e.
Le samedi 03 juin à 18h. De 15 € à 17,50 €.

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