Céline Frances n’est pas folle, vous savez

Céline Frances incarne des personnages haut en couleur et totalement barrés, dans son one woman show, Ah ! Qu’il est doux d’être une femelle. Un one à rebours du stand-up égotique avec lequel elle part même défier le festival d’Avignon tout le mois de juillet.

LES RARES FOIS OÙ ELLE NE JOUE PAS, elle adore « s’éclater ».

Comprenez : littéralement se rétamer par terre ou sur un mur, dans les positions les plus improbables, le temps d’une photo. Cette sportive en diable, ancienne joueuse de hand, n’aime rien tant que de se transformer, sur la scène comme en-dehors, jusqu’à « se salir ». « J’adore avant tout me transformer en créant des personnages fantasmés », plaide celle qui peut aussi bien interpréte une chanteuse espagnole dans le final de son spectacle, qu’une prof’ allemande croqueuse d’enfants, une femme d’affaires un peu chaude ou une prof’ de yoga pas comme les autres.

Davantage d’avantages

D’un physique avantageux et élastique, elle tire tous les avantages, se permettant tous les débordements. Cette catalane venue de Perpignan adore prendre les accents, se maquiller comme s’accoutrer jusqu’à s’oublier elle-même. « Ma soeur aînée est une bombe hôtesse de l’air, ma cadette une infirmière. Moi, je suis avant tout une sportive qui met toute son énergie à faire autre chose que du stand-up. Je ne m’intéresse pas trop, que pour devenir une autre. » Dans son spectacle au titre facétieux, elle y arrive très bien. Elle avoue aussi avoir un côté « old school », qu’on ne ressent pas une seconde en la voyant débarquer sur scène. Comprenez : bosseuse acharnée. Elle aime l’écriture à l’ancienne, de ceux qui composent des personnages : Sylvie Joly, De Funès, Maillan ou aujourd’hui Didier Bénureau. Ça tombe bien, c’est le sentiment que l’on a en la voyant, ce rare mélange d’abattage et de composition.

Féministe mais pas trop

Pas question pour elle de se prendre au sérieux : si le titre de son spectacle fait tilt, Ah ! Qu’il est doux d’être une femelle, elle ne prétend surtout pas « faire passer un message » avec. Son féminisme, elle le met uniquement dans ses accoutrements et la liberté – sans limite – qu’elle accorde à ses personnages. Ça tombe bien : entre les filles formatées « trash » qui pullulent sur les planches de café-théâtre aujourd’hui et celles qui nous racontent leur quotidien en enfonçant toutes les portes ouvertes de ladite « féminité », ça fait du bien de voir une femme qui se permet toutes les possibilités d’une grande comédienne. D’ailleurs elle met aussi en scène Molière et joue avec sa compagnie les Arts Scénics au cas où son rôle de comique pourrait l’ennuyer. En fait, elle représenterait presque le festival d’Avignon in et off à elle toute seule.

 

AGENDA

Ah ! Qu’il est doux d’être une femelle

De et par Céline Frances.
Du vendredi 7 au dimanche 30 juillet
à 15h15 au théâtre l’Autre Carnot à Avignon.

16 €.
avignonleoff.com

 

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