On a testé le Groom

Dites adieu au sous-sol moite et pas toujours très net du DV1. Depuis mai, un nouveau venu a pris posses­sion du 6 rue Roger-Violi (Lyon 1er) : Groom. Et tel un employé d’hô­tel impec­cable en livré et calot, le Groom a des airs de jeune homme sage et propret. Telle­ment, qu’à l’in­té­rieur ça sent même le produit d’en­tre­tien parfum Fraî­cheur de cèdre. C’est le premier constat qu’on a tiré en péné­trant dans ce nouveau spot des Pentes, divi­sé en bar, club et salle de concert. Deuxième constat : c’est beau et lisse comme dans un maga­zine. Normal, le lieu a été repris par l’équipe de l’Away Hostel, (situé juste au-dessus), et du Slo Living Hostel (Guillo­tière), deux adresses très « dizaïgn » (compre­nez : déco­ra­tion scan­di­nave). La sobrié­té des murs noirs et du mobi­lier est rehaus­sée par d’ha­biles jeux de lumière sur les murs. On a parti­cu­liè­re­ment aimé les sphères lumi­neuses semblables à des ballons colo­rés dans la salle du club. Troi­sième constat, la popu­la­tion qui fréquente le lieu est franche- ment jeune (20 ans), et inter­na­tio­nale. Un peu comme si le Groom était une exten­sion de l’Away Hostel. Enfin, dernier constat, et le plus malheu­reux, avec leur uniforme grand tablier de travail sur petite chemise bleue, les barmans font très propres sur eux. Réflexion d’une de nos connais­sances, déçues : « Ils sont pas sexy ! Un barman, c’est là pour nous vendre du rêve non ? » Las, fuyant la salle de bar mal inso­no­ri­sée, on a descendu les quelques marches menant au club, toujours dans cette odeur de produits d’en­tre­tien.
Au fond, le bar à cock­tail, tenu par le roi lyon­nais de la mixo­lo­gie Marc Bonne­ton, et Florian Dubois. On s’est offert un Frozen Miami Vice (rhum, coco, jus d’ana­nas et fraise) servi dans une petite bouteille en verre qui permet de se déhan­cher sans en renver­ser partout. On a donc rejoint la piste de danse où de jeunes imberbes dragouillaient timi­de­ment des étran­gères. Malgré l’am­biance façon À nous les petites Anglaises, on est resté. Car derrière les platines, le DJ cana­dien Project Pablo envoyait sa house planante mais aussi des sons soul et funk. Et c’est le point fort du Groom : sa program­ma­tion élec­tro, menée par l’as­so­cia­tion Encore, qui mêle talents lyon­nais et poin­tures inter­na­tio­nales. Le 14 juillet, à l’oc­ca­sion du festi­val Inté­rieur Queer, le club accueillera une soirée Kinky France avec dress code en hommage à ce que la culture française « a de plus beau, laid mais aussi extra­va­gant ». De quoi enfin décoin­cer l’am­biance.
 
Groom
 
Rue Roger-Violi, Lyon 1er.
De 18h à 4h30.
Entrée gratuite avant 1 heure, puis 5€

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