Moeder, folie flamande en ouverture de la Maison de la danse

“Putain de boulot !” Ce n’était pas un manifestant contre la loi travail qu’on a entendu crier à l’ouverture de saison de la Maison de la danse, mais un des danseurs de la compagnie la plus braque de la danse contemporaine : Peeping Tom. Après Vater autour de la figure du père, c’est la mère qui en prend ici pour son grade, dans une sorte de musée familial improbable. Une maman fait des sauts périlleux en gardant son bébé dans les bras, une autre se lance dans un strip tease à l’intérieur de la machine à café à réparer, tandis qu’une merveilleuse chanteuse interprète en live des airs de Bach ou Vivaldi. Un homme à tout faire devient une sculpture vivante à quatre pattes sur les bords d’un cercueil, après qu’une mère mourante ait été mise en bière dans une ouverture glaçante. Conjurer la mort et la maternité par des rupture burlesques et des sursauts de danse acrobatique : les Peeping Tom sont toujours aussi surprenants, mêlant atmosphère cinématographique entre Kaurismaki et Lynch, danse désarticulée, et consolation par la musique et l’humour. Les racines autobiographiques – évidentes – semblent un peu moins bien digérées que dans Vader, et les scènes encore plus décousues. Mais le monde étrange des Flamands fonctionne toujours, transformant une hyper-intimité en spectacle total, conjuguant scénographie, danse, chant et même bruitage en direct. Etonnant et singulier.

L.H.

 

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Moeder

Maison de la danse
8 Avenue Jean Mermoz, LYON 8E

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