Rabbit Hole

Comment survivre à la perte de son enfant ? C’est la question centrale que pose Rabbit Hole, pièce écrite par David Lindsay-Abaire, ayant reçu le prix Pulitzer dans la catégorie théâtre en 2007. Huit mois après la mort de leur fils Danny, Becky et Howard tentent tant bien que mal d’exister dans une maison hantée par un fantôme du passé. Sans tomber dans un certain misérabilisme, le récit réussit à rester juste, tendu, et ce jusqu’à la dernière seconde. Grâce à une écriture parvenant à trouver le difficile équilibre entre comique et tragédie, les situations les plus graves sont le plus souvent désamorcées par un geste, une parole cocasses. Malgré leur tentative de communication, c’est la maladresse des personnages et leur incapacité à se comprendre qui façonnent la narration. D’où ce sous-titre aux consonances mystiques : Univers parallèles. Face à un événement aussi dramatique, chaque être se retrouve dans « son » monde, condamné à gérer ses affects et tenter d’appréhender autrui. Aux accents cinématographiques, la scénographie transforme les murs du décor en écrans, où sont projetées des vidéos de famille. Technique habile de Claudia Stavisky pour souligner la trace indélébile, dans la maison, de cet enfant disparu. Mention spéciale aux côtés de Julie Gayet à l’excellent Patrick Catalifo, d’une authenticité rare. Il interprète un mari perdu prêt à exploser à tout instant, un homme meurtri de voir que son statut de père disparait, un petit peu plus chaque jour. Modeste, nuancé et humaniste, Rabbit Hole ne prétend donner aucune leçon, mais réussit à mettre à jour la complexité de nos âmes torturées.

Hugo Harnois

Rabbit Hole : univers parallèles de David Lindsay-Abaire. Mise en scène Claudia Stavisky. Théâtre des Célestins, grande salle, Lyon 2e. Jusqu’au dimanche 8 octobre à 20h (dim 16h). De 9 à 38 euros. theatredescelestins.com.

 

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