Le Redoutable

Une comédie sur Jean-Luc Godard ! Avec ce projet qui joue autant sur le décalage de traitement que sur la nostalgie cinéphile, Michel Hazanavicius renoue avec les réussites de The Artist et des OSS 117, et rend à nouveau hommage à une époque, un esprit du temps. Ici les années soixante, où l’on retrouve un jeune et fringuant JLG, alors amoureux et en plein succès mais qui va remettre tout son travail en cause, séduit par le mouvement maoïste. Le travail de reconstitution est remarquable, Hazanavicius s’amusant même à pasticher les marqueurs du cinéma « godardien », en forme de mise en abîme gentiment railleuse.

Portrait inspiré car il s’agit avant tout d’une comédie, certes critique envers les fièvres idéologiques qui peuvent phagocyter l’inspiration des artistes, mais surtout porteuse d’une vraie tendresse pour l’homme Godard, ses doutes et ses fragilités, faisant vaciller avec intelligence la statue du Commandeur qu’on lui a érigée. Sans prétention, Hazanavicius n’a pas peur de jouer sans complexe avec le mythe, en n’oubliant pas que Godard lui-même avait toujours su rester facétieux. Ce n’est pas donné à tout le monde d’être capable d’une cinéphilie amusée et irrévérencieuse, qui s’adresse à tous.

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