War and Breakfast

En 2007, Mark Ravenhill écrit dix-sept courtes pièces pour son œuvre : Ravenhill for Breakfast. Dix ans plus tard, Amine Kidia choisit quatre de ces histoires, toutes se déroulant au moment du petit-déjeuner, en période de guerre. Son œuvre a le mérite de lancer la saison du Théâtre des Clochards Célestes, qui axe sa nouvelle programmation sur la jeune création. Genre dramaturgique lancé dans les années 1990 par Ravenhill himself, « In-Yer-Face » a ce que l’on pourrait appeler un style « coup de poing », où le décor et les costumes sont inexistants. Cru, direct et violent, le travail de Kidia s’apparente parfaitement au mouvement lancé par le Britannique. En position bi-frontale, le public fait, tout comme les comédiens, partie intégrante de la pièce.

D’une justesse implacable, tous ces anciens élèves du Conservatoire de Lyon se mettent à nu afin de dénoncer l’horreur banale de la guerre, et la toute-puissance des soldats (et de l’État) sur les civils. Dans chaque pièce, un rapport de supériorité s’installe entre les personnages. Dominants et dominés s’affrontent dans un ballet de rage. Cris, pleurs et troubles inconscients se confondent pour ne laisser place qu’à la férocité des corps. Mais Kidia le fait de manière subtile, physique, sans plomber une écriture qui s’avère incisive. On retiendra notamment la dernière pièce, où deux soldats viennent annoncer à une femme que son fils est mort sur le front. Celle-ci, consciente de la situation, refuse d’accepter le sort de son enfant. Son monologue, familier et vulgaire, est brillant car sur un fil sans cesse tendu, qui ne finira par rompre qu’à la toute fin. Tout comme elle, on en sort chaos.

H.H.

 

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