14e Biennale d’art contemporain de Lyon

C’est assez rare pour le souligner, la 14e biennale d’art contemporain fait la part belle aux sens et aux sensations en présentant des œuvres immersives, sensorielles, ludiques et surtout accessibles. Une bonne nouvelle dans le monde de l’art contemporain.

Sound system
Ce qui est frappant lorsque l’on parcourt cette 14e biennale, c’est qu’après la vue, l’ouïe est le sens le plus sollicité par un bon nombre d’œuvres présentées. Peut-être parce qu’Emma Lavigne, la commissaire invitée pour cette édition, a été un temps conservatrice de la Cité de la musique de Paris avant de devenir en 2014 directrice du Centre-Pompidou Metz. Sûrement parce que ces installations sonores, à la frontière de la musique et des arts plastiques, expérimentant les sons mouvant en sans cesse recomposition, sont celles qui répondent le mieux au thème de cette biennale : les Mondes flottants.

Hypnose sonore
A l’image des bols en porcelaine de Céleste Boursier-Mougenot, flottant justement dans une piscine bleue javel à l’intérieur du Radome de Buckminster Fuller, place Antonin-Poncet. On y pénètre comme dans lieu sacré empli du doux tintinnabulement des bols entre eux, semblables à leurs cousins tibétains. Et si l’on regarde attentivement, on peut même remarquer que les bols se déplacent au gré du courant en dessinant le signe de l’infini. Une expérience zen, qui invite à prendre son temps. Autre œuvre hypnotique, le ventilateur sonore de Susanna Fritscher. Installé dans l’un des silos de la Sucrière, les palmes en forme de tube émettent d’étranges sifflements, qui peu à peu deviennent une musique envoûtante.

Tintamarre
Et puis il y a les autres installations sonores, intrigantes parfois jusqu’à nous casser les oreilles. La Sonic Fountain de Doug Aitken nous fait entendre l’architecture du silo dans lequel elle prend place. Des robinets gouttent dans un cratère rempli d’eau dans laquelle des micros captent les sons diffusés en direct dans des haut parleur. Le brut de l’eau résonnent, amplifié par l’espace mais cassent les oreilles quand les robinets s’ouvrent complètement ! Au Mac, le magnifique mobile musical de Cerith Wyn Evans diffuse une musique expérimentale, dont notre perception varie selon notre position dans l’espace. De son côté Rain Forest de David Tudor nous fait découvrir la musique des objets. Dans une salle, d’immenses sculptures faites de bric et de broc sont suspendues. Leur frottement au contact de l’air est enregistré avant d’être amplifié dans la salle, recréant les mêmes bruits que dans une forêt tropicale. Surprenant !

Caroline Sicard

Lire la suite de notre compte rendu dans Exit n°55 à paraître samedi 30 septembre.

 

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