Un Oedipe roi inégal

Après avoir repris la pièce Affabulazione, Gilles Pastor poursuit sa relecture de Pasolini en mettant en scène Œdipe roi : suite qui compose un diptyque avec le premier récit. Porté au cinéma par le poète italien en 1967, cette tragédie de Sophocle connue de tous se rapproche ici de notre époque. La ville antique de Thèbes devient ici une ville brésilienne au syncrétisme religieux patent. Avec un terrain de foot et un grand écran comme outils scénographiques revenus du premier spectacle, Gilles Pastor veut mêler intensité dramatique, danses folkloriques et incantations religieuses. Malheureusement le mélange cette fois ne prend pas. Les images sur cet écran, censées représenter le chœur de Thèbes, n’arrivent jamais vraiment à fonctionner avec le texte, les vidéos et l’action sur scène ne parvenant jamais à former une unité.

Déséquilibre

Néanmoins, Gilles Pastor a eu la très bonne idée de démultiplier son personnage central en l’incarnant par trois comédiens différents. À la fois victime et bourreau, innocent et inexpiable, Œdipe représente bien l’homme dans tout ce qu’il a de pluriel. Dommage cependant que le jeu scolaire et volontairement naïf d’Emmanuel Héritier créé un déséquilibre avec l’interprétation impeccable de Jean-Philippe Salério. Là encore, ce choix artistique qui rend cettev adaptation rend cette pièce bancale.

Hugo Harnois

Œdipe roi de Gilles Pastor, au TNP Villeurbanne, 8 place du Docteur Lazare Goujon. Jusqu’au vendredi 29 septembre, à 20h30.  Diptyque Affabulazione suivi d’Oedipe roi : samedi 30 septembre à 18h et dimanche 1er octobre à 15h. 04 78 03 30 00. De 9 à 25 euros. tnp-villeurbanne.com

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