À bien y réfléchir

Mise en abîme : « enchâssement d’une pièce de théâtre dans une autre pièce de théâtre ». Ce principe, la troupe d’À bien y réfléchir va en abuser jusqu’à sa propre extinction. Et c’est tant mieux. En jouant des artistes en pleine préparation d’un spectacle de rue, la dizaine de comédiens créé une sorte de Cluedo géant. Seulement ici, l’important n’est pas de savoir qui est le meurtrier, mais de connaître le véritable metteur en scène de cette création. Car au fur et à mesure que la narration progresse, des couches de récits viennent se superposer les unes aux autres. Mouvements burlesques, échanges absurdes et scènes granguignolesques font la force de ce divertissement jubilatoire. Même les éléments sonores (piano, saxophone) participent au second degré de cette œuvre, qui ne se prend jamais au sérieux.

Faux et usage de faux

Mais il ne faut pas croire qu’À bien y réfléchir est du théâtre brouillon. Sous une apparence faussement bordélique, ce spectacle est d’une mécanique comique infaillible. Tout y est d’une précision redoutable, rien n’est laissé au hasard. À la manière des poupées russes, les (faux) metteurs en scène se succèdent les uns après les autres dans un ballet de non-sens assumé. Doté d’un rythme qui ne faiblit jamais, le résultat est une totale réussite et brouille la frontière entre réel et fiction. Et qu’importe, finalement, l’identité du créateur de cette pièce. Seule compte la beauté du geste. Ici, il est parfaitement accompli.

Hugo Harnois

À bien y réfléchir, Théâtre de la Renaissance, 7 rue Orsel, Oullins. Du jeudi 5 au samedi 7 octobre à 20 h. De 5 à 24 euros la place. theatrelarenaissance.com

On y était aussi