Lee Ufan chez Le Corbusier

L’artiste coréen Lee Ufan (né en 1936) présente à La Tourette plusieurs installations inédites et quelques tableaux plus anciens. Proposant ainsi un dialogue tout en délicatesse et en douceur avec la rigueur imposante du Corbusier.

Après le château de Versailles en 2014, Lee Ufan se confronte à un nouveau bâtiment remarquable, le couvent de La Tourette conçu par Le Corbusier. Un édifice impressionnant moins par son faste cette fois-ci que par sa « brutalité » et sa sobriété. Venu vivre sur place à deux reprises pour s’en imprégner, Lee Ufan nous confie qu’il « a été abasourdi par l’architecture du Corbusier. Ce n’est pas un endroit qui met en avant la beauté, il refuse même cela. J’ai lutté longtemps contre ça en me demandant ce que je pouvais réaliser ici ? ». Après François Morellet, Anne & Patrick Poirier ou Anish Kapoor entre autres, l’artiste a donc été à la fois saisi et désarçonné par l’architecture de béton brut et de lumière du Corbusier.

Dans les interstices…

« Au sein de cette architecture très forte, poursuit Lee Ufan, j’ai voulu souligner et occuper les interstices, faire voir des choses peu ou pas vues. Et créer des choses très primitives pour déplacer le sens originaire de l’espace du Corbusier, tout en conservant ce rapport essentiel du bâtiment entre l’extérieur et l’intérieur. » Sur la rugosité du béton, le plasticien a par exemple apposé des caresses en spirales de papier japon, des toiles minimalistes où les choses s’effacent, des solitudes minérales à partir de quelques pierres trouvées dans la campagne environnante… Et, dans la « maison » du Corbusier, Lee Ufan a construit ses propres « chambres » frêles et délicates, ouvertes elles-aussi à la lumière et propices à la méditation.

L.B.

 

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