Je suis Fassbinder

« Un gentil Führer ». Voilà ce qu’il faudrait pour la mère de Fassbinder pour régler enfin les problèmes d’un monde qui part à vau-l’eau. Fassbinder, c’est l’enfant terrible de l’ex-RFA, cinéaste majeur de l’Allemagne d’après-guerre. En partant d’un film où il se montrait avec son amant et sa mère, Falk Richter et Stanislas Nordey lui consacrent un portrait explosif en forme de trio infernal, à la fois politique, sexuel et cinématographique. La scénographie reprend des séquences de films du réalisateur allemand, du rituel du travestissement au jeu sexuel de la bite en hélicoptère.

Mais Je suis Fassbinder dresse surtout après Je suis Charlie un état des lieux politiques sans concession à partir du dialogue violent entre la réalisateur et sa mère qui ouvre le spectacle. Engagement, terrorisme, migrants, tentations fascistes et résistance sociale : tous les sujets brûlants du monde d’aujourd’hui y sont débattus ou combattus avec la rage de la révolte et la hargne de désespérer d’un monde nouveau, même si le dernier plan vidéo sur les quais de métro désormais gardés par des militaires armés pour cause d’état d’urgence est assez convenu, et donc de trop. Peu importe : Nordey est bien le plus grand acteur et metteur en scène de sa génération, et Fassbinder l’agitateur qu’il nous faut encore aujourd’hui.

 

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