La Lune de Jupiter

La Lune de Jupiter s’ouvre sur une scène oppressante et virtuose : dans la brume glacée du petit matin, un groupe de migrants tente de passer la frontière hongroise. Le jeune Aryan reçoit une balle de la police. Mais loin de mourir, il se met à léviter et échappe à ses poursuivants. Après ce grand moment onirique de pure mise en scène, le film devient plus bavard et suit la rencontre d’Aryan avec un médecin désabusé et cynique, partagé entre la volonté de le protéger et d’exploiter ses dons. Car Aryan est aussi guérisseur. Le récit navigue alors à vue, entre la métaphore christique et la fable morale sur la marchandisation du don de soi. Parfois laborieux et confus, notamment dans le parcours du personnage du médecin, le film renoue régulièrement avec la grâce lorsqu’il fait confiance à son univers visuel singulier, et filme son ange moderne au-dessus des souillures du monde, image universelle d’une aspiration à la liberté.

A.L.

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