Charles Matton, espaces intérieurs

Le musée des miniatures rend hommage au peintre lyonnais Charles Matton, par ailleurs auteur d’un très beau film, La lumière des étoiles mortes. Planant.

Dan Ohlmann, fondateur du musée Miniature et Cinéma, n’est pas le seul à faire des maquettes. Fasciné par le travail de Charles Matton qu’il découvre en 1987, l’artiste lui accorde aujourd’hui une exposition. Dans celle-ci, on trouve dix-sept « boîtes » renfermant de petits trésors. Un nouvel univers enchanteur cadrant parfaitement à l’ambiance du musée. Par son talent de sculpteur et de peintre, Charles Matton parvient à retranscrire des espaces miniatures, réalistes et personnels. Il n’y a qu’à observer Le Cabinet de Sigmund Freud et ses effets de miroirs captivants. Grâce à ces multiples détails fonctionnant en trompe-l’œil, l’impression que ce décor est sans fin et traverse les murs de l’exposition se fait vivement sentir.

Proust mania

Réputé pour être méticuleux dans son travail, ce touche-à-tout se considérait comme un « fabricant d’images ». Il était aussi un maniaque du détail et ne laissait rien au hasard. Par exemple, La Chambre d’une femme en désordre montre à quel point Matton maîtrise le chaos. Paquet de Camel, billets par terre, jeu de cartes… Autant de minuscules objets qui composent un univers réaliste. Idem pour La Bibliothèque hommage à Proust avec ce nombre de livres semblant illimité. Mais les atmosphères créées par l’artiste sont parfois plus morbides. Comme cet Atelier d’un sculpteur de nourrissons, où la présence du crâne imposant d’un bébé interpelle. Ce qui n’empêche pas de visiter cette expo en famille, comme avec cette jeune fille de sept ans, qui s’exclame devant une « boîte » de Matton : « ça va jusqu’à l’infini ! ». Tout compris.

H.H.

 

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