Le Top 10 cinéma de la rédaction

1. Dunkerque de Christopher Nolan (16 points)

Un prodige de mise en scène grand spectacle sur la terre comme au ciel qui détourne les canons du film de guerre vers un film de survie lumineux.

2. Detroit de Kathryn Bigelow (15 points)

En plus de reconstituer les aspirations et le massacre de la communauté noire aux Etats-Unis, le premier film depuis Salò de Pasolini à avoir réussi à filmer le fascisme ordinaire.

3. Mise à mort du cerf sacré de Yorgos Lanthimos (10 points)

Bizarre, noir, manipulateur, troublant et même pamphlétaire dans sa dernière scène, l’essai cinématographique le plus inconfortable et le plus risqué de l’année. Avec une Nicole Kidman au sommet.

4. The Lost City of Z  de James Gray (10 points)

Superbe drame familial lové dans la grande forme d’un film d’aventures exotiques. Un rêve de cinéma, tendu vers un dernier plan terrassant de beauté.

5. 120 battements par minute de Robin Campillo (9 points)

Un grand film de fiction, compassionnel mais sans concession, avec une scène de rêve d’anthologie traduisant toute l’horreur silencieuse des années Sida.

6. La La Land de Damien Chazelle (8 points)

Visite amoureuse et musicale de Los Angeles, cité des ambitions accomplies et des cœurs fêlés, dans un mélange miraculeux de virtuosité et d’humilité.

7. Au revoir là-haut d’Albert Dupontel (7 points)

Du très beau cinéma populaire comme on n’en faisait plus : hugolien, anar avec un fond de colère sociale et pourtant tout public dans ses envolées poétiques. Avec la scène finale la plus émouvante de l’année, et un Niels Arestrup au sommet.

8. Barbara de Mathieu Amalric (6 points)

Portrait inédit d’une icône à travers le regard d’un fan qui la fait renaître par l’illusion du cinéma. Un film bouillonnant de gaieté et d’anti-conformisme.

9– Neruda de Pablo Larrain (6 points)

Vertiges pirandelliens dans le Chili des années 40. Une fable fascinante sur la construction des mythes politiques et la création artistique.

10. Loving de Jeff Nichols (5 points)

Jeff Nichols désacralise le film de droit et de justice pour rendre sa noblesse au combat sans arme d’un amour conjugal de toute éternité. Un biopic radieux qui fait contraster l’éloge de la banalité d’un couple mixte avec la violence raciste institutionnalisée.

Meilleur premier film :

Grave de Julia Ducournau (Alban Liebl)

Au croisement du teen-movie et du film gore, cette eau-forte est un vrai film d’auteur à la française qui se salit les mains dans la tripaille du cinéma de genre.

Get out de Jordan Peele (Luc Hernandez)

Une comédie horrifique qui retourner les codes racistes de l’Amérique d’Obama dans un script futé et une mise en scène hitchcockienne. La révélation de l’année qui confirme avec Detroit et Loving la nouvelle visibilité des Noirs dans le cinéma américain.

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