La cuisine d’Elvis

En 2001, Lee Hall écrivait La cuisine d’Elvis. Aujourd’hui, la pièce, mise en scène par Pierre Maillet, membre fondateur du Théâtre des Lucioles, nous est présentée aux Célestins. Dans ce huis-clos, on suit les aventures de quatre personnages. La fille, d’abord, Jill. Cette ado à la fois lucide et rebelle, obsédée par la nourriture, est jouée par la talentueuse Cécile Bournay. Anne-Élodie Sornin incarne la mère, qui, elle, noie ses soucis dans l’alcool et la drague, finissant par porter son dévolu sur un jeune homme de dix ans son cadet, Stuart. C’est le beau Matthieu Cruciani qui interprète ce dernier. Et enfin il y a Elvis. Pardon, le père, ex-sosie d’Elvis Presley, devenu du jour au lendemain tétraplégique, joué par Pierre Maillet lui-même. On le voit sur son fauteuil roulant, du coup, toujours inerte si l’on excepte plusieurs intermèdes musicaux où il se lève pour interpréter des chansons du King, vêtu de tenues moulantes et étincelantes dignes de la star. La pièce, en plus de nous proposer un paysage sonore et visuel soigné, nous plonge dans des réflexions sur un rapport mère-fille houleux, où les rôles parfois se confondent, mais aussi sur le décalage qui peut se faire entre l’image que l’on donne de soi et qui l’on est réellement. Des questionnements sur l’existence, donc, portés par des comédiens se montrant aussi drôles que graves, aussi tendres que révoltés. Une pièce humaine, profonde et poignante. P.L.

La cuisine d’Elvis, de Lee Hall, mis en scène par Pierre Maillet. Du 11 au 21 janvier à 20h30, dimanche à 16h. Relâche lundi. De 12 à 23€. Aux Célestins, Lyon 2e. 04 72 77 40 00. theatredescelestins.com

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