Tricky

Putain, le « kid » de Bristol est quinqua ! Tricky, le sale gosse de dix-huit piges qui avait infiltré le collectif musical The Wild Bunch au milieu des années quatre-vingt… À l’époque, ils ont écrit une des plus belles pages de la « club culture » britannique. Leurs audacieux DJ sets mêlant punk, reggae, hip-hop et R’n’B attiraient les clubbers des quatre coins de l’île et même ceux de Londres. Le collectif allait devenir, pour une partie de ses membres, le groupe Massive Attack et Tricky, le petit surdoué, jouer avec eux sur leurs deux premiers albums. En 1995, fatigué des seconds rôles, il ouvrait sa carrière solo d’un coup de maître avec l’album Maxinquaye, un chef-d’oeuvre de sensualité et de tension sexuelle maîtrisée. Depuis, il a sorti pas moins de douze autres albums solo et poursuivi, bon an mal an, sa tortueuse route de producteur-bidouilleur génial, sulfureux mais pas que. Le dernier-né Ununiform est sorti l’année dernière et c’est un bon cru. Certes pas aussi bon que False Idols que nous avions encensé et que nous considérons toujours comme le dernier grand album du bad boy anglais, mais on y trouve quand même plusieurs belles chansons. Comme la jolie ritournelle The Only Way, écrite comme une suite au tube Hell Is Round the Corner de ses débuts. Tricky pose son chant divin sur une descente de basse lascive à souhait, dont les courbes parfaites sont soulignées par des envolées de cordes qui ne sont pas sans rappeler le riff de guitare de Pornography de The Cure. C’est extra. N’allez pas voir une statue, à cinquante ans, le monument Tricky est encore en mouvement.

Alexandre Queneau

 

L'événement à ne pas manquer

Autres suggestions de sorties