Phantom thread, la splendeur vaine d’Anderson

Les amours d’un grand couturier méticuleux avec son modèle au siècle dernier : il y a des plans à couper le souffle dans le dernier Paul Thomas Anderson, variation dans sa première partie autour de la caresse et de l’érotisme des étoffes, du désir et de la possession ou encore de la notion de beauté, à la façon de La Splendeur des Anderson.. Malheureusement le réalisateur abandonne assez vite ces pistes (comme celle du fantôme de la mère, incompréhensible) pour se réfugier dans un énième autoportrait de lui-même en artiste reconnu, obsessionnel et perfectionniste. Il bénéficie pour ça d’un Daniel Day Lewis génial en figure hiératique dont on sent percer malgré tout les sentiments dans un sourire ou un oeil qui frise. Vicky Krieps est des plus ravissantes mais dans un rôle limité, écrasée par la fabuleuse Lesley Manville en gardienne de la maison de couture (photo). Les relations du couple qui encombrent toute la seconde partie sont malheureusement autrement plus puériles, PT Anderson ayant toujours été plus piètre scénariste que réalisateur. Avec un twist si ridicule qu’on ne sait pas s’il est délibéré et un finale grandiloquent, Phantom thread ne parle finalement de façon ampoulée et prétentieuse que de ses petits problèmes de couple d’artiste gâté. Dommage. L.H.

Phantom thread de Paul Thomas Anderson (EU, 2h12) avec Daniel Day Lewis, Vicky Krieps, Lesley Manville…

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