Festival Écrans mixtes

Pour sa huitième édition, le festival de cinéma LGBT de Lyon se veut encore plus pointu et défricheur qu’à l’accoutumée en invitant trois francs-tireurs du cinéma contemporain : l’allemande Monica Treut, le portugais Joao Pedro Rodrigues et le sulfureux Bruce La Bruce. Chaud derrière !

Vu leurs chiffres de subventions, manifestement les pouvoirs publics ne se sont pas encore aperçus de la qualité assez exceptionnelle du travail accompli par Écrans Mixtes. À côté de nombre de festivals LGBT où la qualité des films est inversement proportionnelle à leurs intrigues sexuées, le festival lyonnais est un des rares (avec Face à face à Saint-Étienne) à allier défense des cultures queer LGBT et autres si affinités, et cinéphilie avec une sélection de films couillue que ne renierait pas une cinémathèque. La preuve : l’Institut Lumière accueille la carte blanche du réalisateur portugais Joao Pedro Rodrigues consacrée au brûlot désespéré de Fassbinder, L’année des treize lunes, à (re)voir sur grand écran de toute urgence. Mieux, Écrans Mixtes allie histoire du sida et hommage à Jacques Demy en célébrant, en ouverture, les 20 ans du film de Jacques Martineau et Olivier Ducastel (un Lyonnais) : Jeanne et le garçon formidable. Un des tout premiers films français à évoquer Act up, le sida, bien avant 120 battements par minute, tout en rendant hommage à l’art délicieux de la chanson triste sur lit de roses célébré dans les comédies musicales de Jacques Demy.

À bas Agnès Varda, vive le féminisme !
Un film dans lequel le fils du réalisateur, Mathieu Demy, y meurt lui-même du sida pour célébrer la mémoire de son père, quand sa diablesse de mère à l’époque, une certaine Agnès Varda, après avoir récupéré les droits des films, refusait de dire la vérité sur la maladie de son défunt mari… Mais à côté du sulfureux Bruce La Bruce qui viendra en personne présenter son dernier film, The Misandrists, et un porno surprise, Écrans Mixtes sera aussi largement féministe : avec un film splendide en clôture, Les Bonnes manières, et une rétrospective consacrée à une réalisatrice allemande qui a toujours fait bande à part : Monica Treut. Une programmation à part entière, donc, pour un festival stimulant et indispensable, dont on est on ne peut plus heureux d’être partenaire.

L.H.

 

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