Avant que nous disparaissions

Depuis plus de 20 ans, Kiyoshi Kurosawa s’est imposé comme l’un des rares grands auteurs internationaux du cinéma de genre, dont Hollywood a imposé les codes. Le cinéaste nippon trace sa voie singulière, celle d’un humanisme angoissé, hanté par la disparition, dont il propose de subtiles variations en jouant sur le thriller, le film d’horreur ou la fable fantastique. Avec son nouveau film, il s’attaque pour la première fois à la science-fiction, mais ses obsessions demeurent : il est de nouveau question de fin du monde, ici à travers une invasion extraterrestre insidieuse, où les aliens entreprennent de prendre progressivement la place des humains.

Inquiétante étrangeté
Le film rappelle de grands classiques du genre, comme L’Invasion des profanateurs de sépultures, dont il proposerait une version chambriste. Avec un humour à froid et une remarquable économie de moyens, la tension s’installe tout en douceur dans le quotidien, imposant cette « inquiétante étrangeté » qui fait le prix des meilleurs films fantastiques. Le trouble s’incarne avant tout dans une superbe idée de gémellité entre les envahisseurs et leurs victimes, qui partagent un même vide existentiel. Une étrange complicité résignée se joue, au fur et à mesure que les extraterrestres, coquilles vides en attente de personnalité, absorbent les émotions humaines d’un simple contact. Apocalypse ou renaissance ? Le film se situe dans une indécision audacieuse qui fait l’hypothèse que quels que soient leurs véhicules, les sentiments survivent à tout.

Alban Liebl

Avant que nous disparaissions de Kyoshi Kurosawa (Jap, 2h09) avec Masami Nagasawa, Ryuhei Matsuda, Hiroki Hasegawa…

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