Kad Merad et Kacey Mottet-Klein comme des rois

Le cinéma français prolétaire existe, on l’a retrouvé, grâce à Xabi Molia. Film modeste sur la difficulté pour un fils de s’émanciper d’un père courant après l’argent dans des magouilles, Comme des rois ne brille certes pas par son originalité. Mais on y retrouve Kad Merad en véritable acteur comme on ne l’avait pas vu depuis longtemps. On y voit aussi une foule de personnages, notamment ceux des femmes en second rôle, comme on en voit rarement dans le cinéma français : des familles modestes, péri-urbaines, ne reposant que sur la solidarité ou le système D, mais sans le moindre misérabilisme. Tout sonne juste, des scènes quotidiennes en HLM aux premiers pas dans un Paris des quartiers que le cinéma d’auteur embourgeoisé hexagonal a cessé de filmer depuis trop longtemps. Car Comme des rois est avant tout l’itinéraire d’un fils rêvant de devenir comédien dans des cours d’impro qui respirent la vie. Aucune posture ici, ce cinéma réaliste, de tout cœur avec ses personnages, est porté par le plus grand des jeunes comédiens : Kacey Mottet-Klein (Keeper, Quand on a 17 ans), impressionnant de bout en bout pour donner du charisme à son personnage de prolo cherchant sa voie comme dans un film de Sidney Lumet. La fin un peu trop convenue atténue un peu la justesse sociale d’un film qui caresse les ambitions de ses personnages avec la tendresse d’un réalisateur émancipé qui semble avoir bien connu leur galère. Même l’histoire d’amour d’un soir devient une aventure au plein sens du mot. Modeste, Comme des rois montre néanmoins que le cœur d’un cinéma social à la française continue de battre précieusement et mérite pour cela toute notre attention. L.H.

 

Comme des rois de Xabi Molia (Fr, 1h24) avec Kacey Mottet-Klein, Kad Merad, Sylvie Testud, Lucie Bourdeu… Sortie le 2 mai.

Autres suggestions de sorties