Fassbinder connection

Résurgence nazie, terrorisme, activisme politique, racisme, homosexualité, drogue et tmécanismes de domination, Fassbinder est bien un cinéaste sulfureux au plein sens du terme. Le grand cinéaste allemand de la mauvaise conscience d’après-guerre comme le raconte Jean Douchet dans son entretien pages suivantes, mais aussi l’artiste désespéré des ratages de la libération sexuelle. Plus de 30 films en mourrant à 37 ans, tout est placé sous le signe de l’urgence chez Fassbinder, d’où sa première veine, la meilleure : celle de brûlots en apparence bruts de décoffrage, sans esthétisme aucun, mais au propos politiques d’une rare frontalité, doublé d’une direction d’acteurs forcenée. Mais Fassbinder est aussi un enfant de Godard, comme on peut le voir dans le noir et blanc stylisé de son premier film au titre qui a valeur d’autoportrait : L’Amour est plus froid que la mort (1969). S’en suivront une série de mélos froids et distanciés archi-stylisés d’où émerge le cultissime Les Larmes amères de Petra Von Kant, à la stylisation étouffante et au lesbianisme vénéneux. Au milieu, un chef-d’oeuvre : la série Berlin Alexanderplatz, portrait halluciné dans le Berlin des années 20 d’Alfred Döblin. En plus d’aborder avant tout le monde les thèmes sociaux les plus vifs de notre société occidentale actuelle, Fassbinder aura été aussi un pionnier des séries télévisées, anarchique jusque dans ses formats de production. Une œuvre majeure, politiquement comme artistiquement, à redécouvrir d’urgence.

 

« Les films de Fassbinder feraient l’effet d’une bombe s’ils sortaient aujourd’hui »

Nous avions rencontré le critique de cinéma Jean Douchet pour parler de Fassbinder. L’homme idéal pour faire découvrir les thèmes majeurs d’une œuvre animée par la colère, toujours aussi actuelle.

Retrouvez l’interview complète dans le numéro d’Exit Mag d’avril (numéro 62), disponible en kiosque. 

 

L.H.

 

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