Au-delà des montagnes

Grand film sur le vieillissement et le sentiment du temps, Mountains may depart (« Même les montagnes peuvent s’en aller ») commence par une séance de danse sur Go West des Pet Shop Boys, à la veille de l’an 2000, comme un souvenir joyeux de jeunesse qui le hantera jusqu’à la fin. Pour traduire les différentes époques à travers un trio amoureux sur 25 ans, Jia Zhangke multiplie les formats et les supports, sans excès, retrouvant les charmes du Technicolor et du format carré 1.37, usant aussi bien des images d’archive, de la vidéo très nineties que de plans sublimes montrant la contamination du paysage par la vie urbaine ou la disparition industrielle au profit d’un capitalisme amnésique uniquement gouverné par l’argent. On n’en dira pas plus sur une intrigue se terminant en 2025, et réservant son lot de surprises temporelles et d’impromptus, comme un accident d’avion phénoménal filmé le temps d’une scène.

Cougar, mon amour
«  Le temps ne change pas tout. C’est ce que le temps m’a appris. » L’originalité de cette fresque historique à travers l’intimité d’une femme, c’est plutôt que de filmer le temps qui passe, filmer le temps qui ne passe pas. C’est la grande affaire de ce film fleuve en trois parties, avec générique au beau milieu : montrer ce qui arrive avec le poids de tout ce qu’on a vécu avant. La scène finale est, de ce point de vue, bouleversante, en plus d’un amour de substitution pour cougar avertie des plus savoureux. Une merveille à rattraper, d’autant plus que dans le cadre du festival du cinéma chinois, la projection est gratuite.

Au-delà des montagnes (Mountain may depart) de Jia Zhangke (Ch-Fr, 2015, 2h11) avec Tao Zhao, Yi Zhang, Jing Dong Liang, Zijian Dong, Sylvia Chang…

 

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