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Paysages interdits, Lu Yanpeng

Présentée au Nouvel institut franco-chinois, “Paysages interdits”, l’exposition du photographe chinois Lu Yanpeng aurait tout aussi bien pu s’intituler “Révélation”. Montagne émergeant de la brume, cime d’arbre se découpant dans le ciel, rameaux bourgeonnants et jusqu’aux images prises de Lyon lors de sa résidence en mars à l’Institut, toutes les photographies de l’artiste chinois sont empruntes de mystère, d’une sorte de flottement entre rêve et réalité, présence et absence. Une impression sûrement due à l’heure choisie par l’artiste pour prendre ses clichés : le petit matin ou la nuit. Des instants où le paysage se révèle autre, encore nappé des brumes du sommeil, ou alors plongé dans un univers fantasmagorique.

Dans le secret de la chambre noire
Mais surtout, c’est au moment du tirage que l’image se révèle. Lu Yanpeng travaille avec un vieil appareil photo, un Rolleiflex datant des années 1960. Auparavant peintre, l’artiste de 34 ans porte une attention particulière au travail de post-production. Surimpression, surexposition, ajout d’un halo lumineux autour de la basilique de Fourvière, le voilà qui travaille ses toiles comme des tableaux. En résulte ces images délicates, semblant appartenir à un autre temps. Si le photographe a pris des clichés de Lyon spécialement pour cette exposition, on leur préfère celles des paysages de son pays. Semblables à des estampes, ces images de paysages brumeux imposent leur présence, plongeant le spectateur dans une contemplation méditative. Pas étonnant de la part d’un photographe qui se définit d’abord comme un poète.

C.S.

 

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