Etienne Daho aux Nuits de Fourvière

Il faut toujours aller à un concert sous la pluie. L’émotion en est souvent décuplée, et parfois, un miracle climatique se produit : après une radée digne d’un novembre en Normandie, la pluie a cessé à l’instant où on enfilait notre poncho pour passer l’entrée. Chemise manche courte ajustée et petite cravate d’écolier, déhanché nonchalant et bras offerts à la foule, Etienne Daho était comme un poisson dans l’eau pour la toute première date de son Blitz Tour. Les filles du Canyon donnent le la très rock comme toujours chez Daho en live, alternant le psychédélique entêtant de son dernier opus (Le Jardin), avec le yéyé pop de la première heure : Le Grand sommeil, Sortir ce soir, Tombé pour la France, Epaule Tatoo, Bleu comme toi ou Le Premier jour du reste de ta vie, Etienne enchaîne les tubes avant des bis entièrement dévoués à la transe de Blitz. Auparavant, juste après sa splendide Invitation qui aura fait se délier toutes les hanches et toutes les langues, il aura chanter pour conclure Ouverture avec une rare émotion ; transformant la rencontre sensuelle du titre en hymne fusionnel avec le public pour cette « première fois » d’une tournée qui s’annonce comme une renaissance après ses ennuis de santé. Seigneur de l’élégance, il aura même enchaîné en medley un Week-end à Rome remixé en balade suspendue avec Les Flocons de l’été, la chanson de sa résurrection de ce « survivant déglingué ». La grande classe. Visiblement heureux, au pot de première, sa timidité bienveillante ne manquait d’attention pour personne, y compris en servant lui-même le gâteau d’anniversaire d’un ami. On a hâte de le retrouver en décembre au Radiant pour un Blitz tour sans doute encore plus étoffé. Il est en plein solstice, comme les Nuits de Fourvière qui, après les créations de Mourad Merzouki et Emmanuel Meirieu, puis la seule date en France cet été de LCD Soundsystem, donnent à voir et à entendre des moments uniques qui sont plus que de simples concerts.

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