Les Indestructibles 2

Dans l’élection des grands mystères d’Hollywood, on vote pour les 14 ans d’attente entre l’une des toutes meilleurs productions Pixar et sa suite tant espérée. Une trop longue pause plus que récompensée, avec le retour aux commandes de Brad Bird, un maître de l’animation revenu à son métier d’origine après un passage convaincant par le blockbuster (Mission Impossible 4). On retrouve donc la famille Parr, monsieur et madame devant gérer le fardeau de leur job super-héroïque et du quotidien des enfants, à commencer par le petit dernier, le craquant Jack-Jack, véritable star du film. Nourri de sa double expérience et de sa volonté de mettre en scène ses dessins animés comme des films live, Brad Bird excelle tout autant dans les scènes d’action hyperboliques que dans l’intimisme de la comédie familiale, irrésistible.

Mais le film est surtout un enchantement visuel de bout en bout, un grand trip vintage qui célèbre l’esthétique des années 50 et leur mythologie : hommage à l’architecture futuro-optimiste typique de la Côte Ouest, photo somptueuse qui navigue des couleurs pastel, inscrites dans l’histoire Disney, aux modelés en clair-obscur surgis des films noirs. Cette fête pop brasse les genres et les références avec une assurance décontractée, tout en surfant malicieusement sur des enjeux très contemporains, égalité homme-femme ou menace aliénante des écrans hyper-connectés. Bonheur ultime, la BO déchainée de Michael Giacchino, entre les cuivres d’un James Bond période Sean Connery et le swing acidulé des séries télé de l’époque, qui prolonge l’euphorie jusqu’aux toutes dernières secondes du générique de fin. Du grand spectacle !

Alban Liebl

Les Indestructibles 2, de Brad Bird (EU, 1h58). Dessin animé.

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