Au poste !

Mais que se passe-t-il donc dans la tête de Quentin Dupieux pour qu’un de ses personnages croque à pleines dents dans une huître, qu’une équerre se transforme en arme mortelle ou que Benoît Poelvoorde expire la fumée de sa cigarette par un trou qu’il a dans le poumon ? Son dernier film, Au Poste !, huis clos dans un commissariat entre un suspect et un flic, réaffirme sa place à part dans le cinéma français. Moins barré que Rubber — ou l’histoire d’un pneu tueur en série qui tombe amoureux d’une jeune fille — moins trash que Wrong Cops, Au Poste ! continue de creuser le sillon de l’humour absurde cher au réalisateur. Cette fois-ci, Dupieux nous plonge dans l’ambiance des films français de flics des années 1970, avec un Poelvoorde qui fait ce qu’on attend de lui, c’est-à-dire du Poelvoorde, et un Grégoire Ludig qui rétablit un semblant de normalité dans l’univers surréaliste de ce poste de police.

Life is a tale
Car le film se perche dès le début sur un fil tendu à la frontière du réel et de l’irréel, et si certains n’y verront qu’un long sketch un peu stupide, on ne peut s’empêcher de trouver une certaine finesse dans la proposition du réalisateur. Que ce soit avec la déconstruction de son scénario, les mises en abyme répétées ou le coup de théâtre final qui nous rappelle que nous ne sommes qu’au cinéma, Quentin Dupieux pointe l’absurdité du quotidien. Une façon de nous dire que la vie n’est peut-être qu’un rêve et le cinéma, un jeu pour grands enfants.

Caroline Sicard

Au Poste ! de Quentin Dupieux (France, 1h13), avec Benoît Poelvoorde, Grégoire Ludig, Marc Fraize…

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