20e édition du festival Woodstower

Le festival installé dans le Grand Parc de Miribel Jonage a dévoilé la programmation complète de sa vingtième édition et autant dire qu’il y a du lourd. Outre le concert spécial qui réunira sur un plateau d’anthologie la reformation de Suprême NTM (voir article pages précédentes), le DJ star Cut Killer et les rappeurs Disiz la Peste et Kikesa, le festival fera une nouvelle fois la part belle à la musique électronique sous toutes ses formes. Parmi elles, certaines des plus singulières, comme la high tech minimale de Boris Brejcha et l’électropunk de Boys Noize. Les deux artistes sont allemands, tous deux basés à Berlin et tous deux relativement rares dans nos contrées puisqu’il faut remonter par exemple à 2012 pour retrouver la trace d’un concert de Boys Noize à Lyon. Cela fait trois ans que l’équipe du festival essaie de le faire venir – quel joli hasard qu’ils décrochent enfin la timbale pour cette édition anniversaire, qui n’en sera que plus folle. On aime ce punk de l’électro pour ses tracks les plus rêches autant que pour son refus d’appartenir à aucune chapelle et sa capacité, donc, à jongler entre tous les genres : techno, house, électro surcompressée et même des choses plus mainstream comme l’électrisant 2 Live sur son dernier album Mayday. Il jouera sur la grande scène en clôture de la soirée du samedi.

 

Boys Noize, Boris et moi

Boris Brejcha, qui jouera au même endroit la veille, n’est pas moins iconoclaste. Derrière ses platines, il porte un masque vénitien de bouffon du roi, au regard sombre et au sourire inquiétant. Dans le noir du club ou de la rave party, son allure plonge immédiatement l’auditoire dans une étrange atmosphère à la Eyes Wide Shut – gardez néanmoins les yeux grands ouverts, le show visuel est exceptionnel. Pas de fioritures, la techno de Brejcha est minimale, martiale et totalement irrésistible. En moins d’un quart d’heure, il fait de la gravité son affaire et nous quittons la terre ferme. D’ordinaire on se moquerait gentiment d’un artiste persuadé d’être si unique que sa musique nécessite l’invention d’un nouveau nom de genre, mais il faut bien admettre que « high tech minimale » convient parfaitement à sa techno mésosphérique. Son cinquième album studio, sobrement intitulé 22, comme le nombre de pistes qui forme ce planant vol de nuit de près de trois heures, recèle des pépites comme Moondancer, qu’il intègre régulièrement dans ses sets déments. Il faut l’avoir vu une fois dans sa vie. Alors cet été à Woodstower, votez Berlin pour vos fins de soirées !

 

A.Q.

 

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