Elephant

Étrange vice que celui de la terrasse en période de hautes températures. La clientèle du restaurant faisant face au nôtre, même sous parasol, devait ressentir les sensations fiévreuses d’un oeuf au plat. En entrant dans Éléphant nous avons choisi la table du fond à droite, stratégiquement placée sous la clim et sous le flux d’un ventilateur de type Dyson gros modèle. C’était une bonne idée car le contenu de l’assiette était susceptible de faire remonter le nombre d’unités Celsius de notre structure interne. Nous sommes dans un restaurant chinois, c’est-à-dire des gens qui n’hésitent pas à faire parler la poudre pour prouver qu’ils en sont les inventeurs. Ainsi, une de nos convives, aimant l’aventure, a fondu sur « l’intestin sauté au piment fort », tout en précisant à Monsieur Xiao Hu, au service, de mesurer les ardeurs éventuellement volcaniques de Monsieur Cui, en cuisine.

 

Authentique.

Les tronçons d’un beau vert printanier accompagnant les lamelles d’appét issants abats aux couleurs caramel, affectaient l’innocence du jeune poivron. C’était bien du piment… Donc, on s’y prend avec parcimonie et avec des pincettes (des baguettes en l’occurrence), quitte à croquer du bout des dents. Ce plat, de feu et de fondant, est délicieux. Une question, piquante, s’était préalablement posée. Qu’est-ce qui distingue « l’intestin sauté au piment fort » des « tripes à l’huile de piment fort » picotant le haut de la carte ? Le premier, c’est froid et du boeuf. Le second, c’est chaud et du cochon. Évidemment, ces plats de tripes et de lave ne phagocytent pas l’essentiel du sujet (mais on en parle parce qu’on aime ça). On a aussi applaudi le calamar sur plaque chauffante (décidément), tout doux, servi grésillant devant le client, telle une bombe prête à exploser. On remarquera la découpe artistique, évoquant une grappe de fleurs d’acacia. On a aussi apprécié des aubergines frites dans une sorte de tempura. Le principe est de ne plus penser perso et « entréeplat- dessert » mais d’opter pour la voie confucéenne : choisir différents plats et les laisser au milieu de la table pour partager. La Chine, question desserts, ce n’est pas Catherine de Médicis (à qui on prête l’avènement de la pâtisserie en France), mais il y a des glaces… japonaises, ce qui rassure quant à la paix des peuples. Le made in China, on a adoré.

 

F.M.

Éléphant, 53 rue Ney, Lyon 6e. 09 83 67 35 83. Fermé dimanche Menus Plats entre 9, 80 € et 16 €. Côtes de Provence : 14 €. Tsingtao 33 cl : 2, 50 €. Bol de riz : 1,50 €.

À la carte Crevette endiablée, poitrine de 4 heures, boeuf au poivre noir, haricots plats poêlés, etc.

Autres suggestions de sorties