Les 30 ans du musée d’art contemporain à Saint-Étienne

10 mètres de haut sur 15 mètres de large, le tout en briques de verre dont la couleur varie avec la lumière au fur et à mesure qu’on s’approche : pour ses 30 ans, le musée d’art moderne poursuit son exposition d’oeuvres monumentales, après la « Patrie rouge », The Red Homeland d’Anish Kapoor exposée dans la même salle au printemps dernier. Voici donc The Big Wave de Jean-Michel Othoniel, dont l’ombre portée conduit dans la même salle jusqu’à un autoportrait miniature de l’auteur « en robe de prêtre » de toute beauté, figurine butant contre l’immensité d’un barrage gelé, en guise de métaphore d’un amour impossible, qui sait… Cinq sculptures en verre naturel d’Arménie aux reflets changeants complètent cette salle inspirante. Ne ratez pas pour autant les expositions adjacentes : la première exposition de Valérie Jouve, phototographe originaire de Firminy à la réputation internationale qui n’avait encore jamais organisé de monographie dans son pays d’origine. Une superbe succession de paysages urbains anonymes, délibérément jamais situés, dans lesquels la nature et l’architecture industrielle se disputent une place plus ou moins cachée ou hostile, ou au contraire, étrangement contagieuse, à la façon du Désert rouge d’Antonioni. C’est splendide. Juste à côté, c’est le photographe lyonnais Rajak Ohanian qui s’intéresse au quartier de la cité des étoiles à Givors, à l’architecture constellaire, avant une série de négatifs grands formats en noir et blanc rythmés comme du free jazz pour traduire l’allure des passants et l’esprit de la ville de Chicago. Là encore, c’est absolument magnifique. Une des plus belles expos de l’été dont il faut profiter de toute urgence avant liquidation, mi-septembre.

 

L.H.

 

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