Beach House

Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept… Le duo de Baltimore formé en 2004 par Victoria Legrand et Alex Scally est de retour avec un septième album simplement intitulé 7 — à prononcer à la française, si l’on se laisse guider par le chant bilingue de la nièce de Michel Legrand sur L’Inconnue, la quatrième piste du disque. Beach House, voilà un groupe qui a trouvé un son, à base de synthés soyeux et de guitares pleines de réverb, et qui n’en décroche pas, non pas par manque d’imagination, mais simplement parce que c’est celui qui leur convient. Chemin faisant, Legrand et Scally tissent une oeuvre d’une grande cohérence qui fera sans doute date dans l’histoire de la dream pop — un genre de toute façon suffisamment peu exploré pour que ses quelques représentants s’y engouffrent tout entier.

Un nouveau Beach House, c’est toujours un événement. Il y en avait eu deux, coup sur coup, en 2015, puis plus rien jusqu’à l’arrivée de 7 en mai dernier. Rappelez-vous, le temps s’était suspendu en France, grâce à une suite inédite de ponts et de jours fériés. C’était comme s’ils avaient été soigneusement alignés pour nous encourager à déguster des mojitos en terrasse et prendre du rab de Nuits sonores. Impossible que le groupe de Baltimore l’ait anticipé, mais on n’aurait pu rêver meilleur contexte pour découvrir ce nouvel album. Parce qu’on a ainsi pu prendre le temps de se plonger doucement dedans, pas à pas, comme on entre dans une piscine pour la première fois de l’année. Contrairement aux évidents Bloom et Depression Cherry, 7 nécessite plusieurs écoutes pour révéler toute sa finesse. Il faut sans doute, pour l’apprécier pleinement, l’aborder comme une randonnée. Savoir qu’en son coeur se trouve un sommet de la discographie de Beach House, la sublime chanson Dive, et voir les dix autres pistes comme un parcours d’approche puis de redescente, équitablement réparti de part et d’autre du chef-d’oeuvre, lui-même coupé en deux mouvements avec cette envolée de guitare au milieu de la chanson. Symétrie parfaite, étourdissante. Puis à chaque écoute, on découvre une nouvelle coquetterie, la montagne dévoile une nouvelle perspective ; on s’enfonce encore un peu plus dans le septième rêve de Legrand et Scally. / A.Q

Beach House • Dimanche 30 septembre à 19 h 30 à l’Épicerie moderne, Feyzin. De 21 à 25 €. epiceriemoderne.com

 

L'événement à ne pas manquer

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